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<rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><atom:link rel="hub" href="http://tumblr.superfeedr.com/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"/><description>Bienvenue sur ma page !

Moi c’est Warda, une journaliste curieuse de tout. Original, je sais.
Pourquoi “Sans transition” ? Parce que je m’intéresse à plein de sujets et j’écris ici sur certains d’entre eux et ce, sans transition. 
Bonne lecture !

PS : Merci de me citer si vous reprenez tout ou partie d’un article. 
Twitter : @wardamd</description><title>Sans transition</title><generator>Tumblr (3.0; @sanstransition)</generator><link>http://sanstransition.tumblr.com/</link><item><title>Pluie de pierres sur Le Caire</title><description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd&amp;#8217;hui, nous sommes vendredi. Comme presque chaque vendredi depuis le début de la révolution égyptienne en 2011, c&amp;#8217;est jour de manifestations. Après la prière hebdomadaire, on proteste, se réunit, on discute. Et on se bat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pro-Morsi et anti-Morsi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 heures 30, la place Tahrir est vide. L&amp;#8217;atmosphère, pesante. Tahrir n&amp;#8217;est plus ce qu&amp;#8217;elle était et ce, depuis longtemps. On ne s&amp;#8217;y sent pas en sécurité. C&amp;#8217;était étonnamment le cas en novembre 2011. Déjà beaucoup moins au printemps 2012. Et encore moins l&amp;#8217;été suivant. Très peu de voitures circulent aux abords de la place alors que la circulation n&amp;#8217;est pas bloquée. Au loin, une épaisse fumée noire. Un bus des Frères musulmans a été incendié. La confrérie a appelé à se réunir devant la Cour suprême afin de réclamer une refonte du système judiciaire. Des partis et groupes se sont associés à la démarche - pas Al Nour. Dans le même temps, d&amp;#8217;autres protestent pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis de la politique du président &lt;a href="http://sanstransition.tumblr.com/post/25870995108/egypte-dimanche-24-juin-2012" target="_blank"&gt;élu en juin dernier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 heures 30. Si la place est vide, c&amp;#8217;est peut-être parce que la foule est rassemblée devant le pont du 6 octobre, près du Musée égyptien situé à quelques pas de la place Tahrir. C&amp;#8217;est en tout cas ce que montrent les images diffusées en direct sur les écrans de télévision. Ca a l&amp;#8217;air agité. En chemin, une femme m&amp;#8217;interpelle&amp;#160;: &amp;#8220;N&amp;#8217;y va pas.&amp;#8221; Plus loin, un homme d&amp;#8217;une cinquantaine d&amp;#8217;années semble déconcerté. Perdu. Et pour cause&amp;#160;: sur le pont du 6 octobre, des hommes lancent des pierres sur ceux sous le pont. Qui leur rendent la pareille. Scène irréelle. Il pleut des pierres. Sur la place, on pouvait trouver beaucoup de pierres alors qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y en avait pas mercredi. Inutile de se demander pourquoi désormais. Des hommes cassent les trottoirs pour avoir plus de munitions. Des femmes, des enfants, des adolescents les tiennent dans la paume de leur main. Le camp des anti-Morsi se trouve sur la place Abdel Moneim Riad. Des jeunes, des enfants qui tiennent des barres de fer presque aussi grandes qu&amp;#8217;eux, des femmes - peu. Des personnes qui ont dissimulé leur visage. Des &amp;#8220;Black blocs&amp;#8221;. Deux hommes qui tiennent un Coran, une croix et le portrait du président Nasser. Ils sont stoïques, face aux jets de pierres envoyés par les partisans des Frères depuis le pont. Comme si elles ne pouvaient pas les atteindre. Un homme déconcerté crie&amp;#160;: &amp;#8220;Ce sont nos jeunes&amp;#160;!&amp;#8221;. &amp;#8220;Les Frères sont des chiens&amp;#8221;, hurle un autre en partant, alors que des tirs retentissent et que tout le monde se met à courir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Egyptiens contre Egyptiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tirs. Molotov. Armes artisanales. Un jeune homme boîte. Un autre saigne au niveau du visage. Un mouchoir ensanglanté abandonné sur le sol témoigne d&amp;#8217;une blessure. Une jeune femme au foulard rose pleure, visiblement très choquée. Elle est isolée dans une ruelle et entourée par un groupe de femmes, sous le regard bienveillant d&amp;#8217;hommes qui les protègent. Encore des blessés. Le chaos. Contrairement aux scènes de 2011, ce ne sont plus les Egyptiens contre l&amp;#8217;armée ou la police, mais des Egyptiens contre d&amp;#8217;autres Egyptiens. Des pro-Morsi contre des anti-Morsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pierres pleuvent encore. On casse de nouveau un trottoir pour se ravitailler. Nouveau mouvement de foule. On court encore vers la place Tahrir pour se protéger. Mais beaucoup plus vite cette fois. Les tirs sont plus puissants, plus proches. Et aux tirs s&amp;#8217;ajoutent les gaz lacrymogènes. Une heure après le début des heurts, la police est finalement arrivée. Bruit sourd. &amp;#8221;Courez, courez vite&amp;#160;!&amp;#8221;, ordonnent des jeunes hommes alors qu&amp;#8217;une lacrymo a été balancée à terre, tout près. Une épaisse fumée blanche s&amp;#8217;en dégage. Tout le monde s&amp;#8217;enfuit. Un homme s&amp;#8217;évanouit près du chantier du futur hôtel Ritz Carlton, derrière Tahrir. Amr lui appuie sur la poitrine, prie : &amp;#8221;Bismillah al Rahmane al Rahim&amp;#8221;. L&amp;#8217;homme vomit. Plus loin, une autre flaque de vomi. Un enfant avance lentement. Ses yeux pleurent. C&amp;#8217;est à se demander ce qu&amp;#8217;il fait là. Il est très sale, très jeune mais se conduit comme un grand. &amp;#8220;Ca va mon chéri&amp;#160;?&amp;#8221;, &amp;#8220;Oui, je vais bien al hamdulillah&amp;#8221;, répond-il d&amp;#8217;une voix assuré alors qu&amp;#8217;il semble perdu. Un homme verse de l&amp;#8217;eau sur des mouchoirs qu&amp;#8217;il tend pour que l&amp;#8217;on s&amp;#8217;essuie les visages. C&amp;#8217;est évidemment insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un vendredi au Caire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tousse, on tousse beaucoup. On suffoque. On pleure. On a la gorge nouée. Et on vomit encore. Les gaz sont forts (depuis le début, je ne peux m&amp;#8217;empêcher de penser à Barack &lt;a href="http://sanstransition.tumblr.com/post/45211694833/morts-egyptiens-armes-americaines-et-clause-de" target="_blank"&gt;Obama&lt;/a&gt;). On tousse plusieurs heures après les avoir inhalés. Un homme au visage particulièrement abîmé et plein de sang est encerclé par des journalistes. Au bout de quelques mètres, il perd ses nerfs. Il veut que ces photographes le lâchent. Il est rapatrié sur une moto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 heures 30. La place Tahrir est toujours aussi vide. La marche qui devait arriver de Shubra ne viendra pas. Trop risqué. Une femme, des hommes et des enfants frappent sur les voitures qui essaient d&amp;#8217;y circuler. Très violemment. Elles font demi-tour. Sur la place aussi, on sent l&amp;#8217;odeur des gaz lacrymogènes. Tout comme dans la station de métro Sadat. Amr raconte sa lassitude. Mais avec le sourire et des yeux verts pleins de fierté et de confiance. Même s&amp;#8217;il rêve lui aussi &lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/MOHAMED/48831" target="_blank"&gt;d&amp;#8217;exil&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 heures 30. Les heurts continuent sur le pont et en contrebas. Des Egyptiens y assistent, accoudés sur un pont qui surplombe les lieux. Comme à un spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir, on compte les blessés. Il y en a au moins &lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130419.AFP0364/egypte-affrontements-entre-pro-et-anti-morsi-au-caire-au-moins-39-blesses.html" target="_blank"&gt;quatre-vingt six&lt;/a&gt;. On regarde des vidéos montrant les partisans des Frères et leurs opposants utiliser des armes à feu et se tirer les uns sur les autres. Les pierres ne suffisent plus. Et on s&amp;#8217;inquiète pour une capitale, un pays, tourmentés par ces manifestations qui n&amp;#8217;en finissent plus. Un vendredi ordinaire au Caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href="https://soundcloud.com/wardamohamed/retour-tahrir" target="_blank"&gt;&lt;a href="https://soundcloud.com/wardamohamed/retour-tahrir" target="_blank"&gt;https://soundcloud.com/wardamohamed/retour-tahrir&lt;/a&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/48472131684</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/48472131684</guid><pubDate>Sat, 20 Apr 2013 11:58:00 +0200</pubDate><category>Egypte</category><category>LeCaire</category><category>violence</category><category>gaz</category><category>Frères</category><category>Morsi</category><category>Opposants</category><category>Tahrir</category></item><item><title>"Terre natale, terre hostile"</title><description>&lt;p&gt;Il existe plusieurs façons de découvrir et comprendre un pays. On peut y aller bien entendu, mais aussi lire des articles, regarder des documentaires, des films, écouter des colloques, et lire des romans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;#8217;arche de Noé de Khaled Al Khamissi décrit l&amp;#8217;Egypte d&amp;#8217;avant la Révolution. Cette Egypte où il est difficile de vivre et surtout, l&amp;#8217;envie de fuir qui habite ceux qui ne trouvent pas d&amp;#8217;autre solution que l&amp;#8217;exil. Mon compte-rendu de ce livre a été publié dans le journal &lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/MOHAMED/48831" target="_blank"&gt;Le monde diplomatique&lt;/a&gt;. Une première. Un honneur. Je lis ce journal depuis que je suis étudiante et ne pensais pas y voir un de mes écrits un jour&amp;#8230;Et je ne parle même pas du fait de collaborer avec de grands noms comme Alain Gresh, Mona Chollet et les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, je partage aujourd&amp;#8217;hui le lien mais vous invite fortement à acheter le journal. Celui de mars et les prochains&amp;#160;! Si vous êtes à la recherche d&amp;#8217;articles et enquêtes de fond menées avec sérieux publiés par un journal indépendant, bien loin d&amp;#8217;un journalisme tristement vide de sens et loin des préoccupations actuelles, lisez le Monde diplomatique&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne lecture :)&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/48474393421</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/48474393421</guid><pubDate>Sat, 30 Mar 2013 00:46:00 +0100</pubDate><category>Monde diplomatique</category><category>Egypte</category><category>L'arche de Noé</category><category>roman</category></item><item><title>"N'êtes-vous donc pas jolie ? Dévoilez-vous !"</title><description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roger-Gérard Schwartzenberg, président du groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste (PRG) veut de nouveau faire examiner la proposition par la commission des lois au sujet de la loi dite &amp;#8221;anti-nounous voilées&amp;#8221;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &lt;a href="http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0593.asp" target="_blank"&gt;proposition de loi&lt;/a&gt; identique à celle déposée par la sénatrice Françoise Laborde et les membres du groupe RDSE en octobre 2011 a été enregistrée à l’Assemblée nationale, le 16 janvier dernier, par Roger-Gérard Schwartzenberg. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;#8220;Climat islamophobe, loi islamophobe&amp;#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine passé à gauche, le Sénat avait, sous l&amp;#8217;impulsion de la sénatrice Laborde, mis ce &lt;a href="http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0593.asp" target="_blank"&gt;projet de loi&lt;/a&gt; à l&amp;#8217;ordre du jour. Depuis, plusieurs institutions s&amp;#8217;insurgent contre ce projet de loi, ajoutant qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;inscrit dans un &lt;a href="http://blog.slateafrique.com/afro-maghreb/2012/10/21/poitiers-en-attendant-les-pogroms-anti-musulmans/" target="_blank"&gt;climat islamophobe et xénophobe&lt;/a&gt;, alimenté par des politiques et médias. Des assistantes maternelles voilées &lt;a href="http://blog.jasmineandco.fr/loi-contre-nounous-voile/" target="_blank"&gt;témoignent&lt;/a&gt; de leur inquiétude, expliquant ne pas faire de prosélytisme et prendre grand soin des enfants qui leur sont confiés. L&amp;#8217;une d&amp;#8217;elle, Isabelle Catiau, a même remporté cette année le concours de &amp;#8220;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/xvjqzn_concours-national-de-la-meilleure-nounou-de-france_people#.UUIwdo7fYZI" target="_blank"&gt;Meilleure nanny de France&lt;/a&gt;&amp;#8221;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;François Laborde et ses collègues ont détaillé leurs arguments lors de &lt;a href="http://www.senat.fr/seances/s201112/s20111207/s20111207007.html" target="_blank"&gt;débats&lt;/a&gt;. Plusieurs dizaines de personnes avaient voulu assister à l&amp;#8217;un des échanges - théoriquement ouvert au public. Elles avaient été &lt;a href="http://sanstransition.tumblr.com/post/45415288982/nounousvoiles" target="_blank"&gt;arrêtées par la police, interrogées et retenues&lt;/a&gt; dans un commissariat parisien. La loi avait ensuite été adoptée, puis mise de côté. Jusqu&amp;#8217;au mois de janvier dernier. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dévoilement, une obsession française&amp;#160;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avançant l&amp;#8217;argument selon lequel &amp;#8220;Le voile est un danger pour la laïcité et la République&amp;#8221;, &amp;#8220;Le voile est une aliénation&amp;#8221;, &amp;#8220;Le voile n&amp;#8217;est pas obligatoire en islam&amp;#8221;, &amp;#8220;Les femmes doivent êtres libres de se vêtir comme elles le veulent - mais ne peuvent pas avoir envie de porter un voile&amp;#8221;, &amp;#8220;Les femmes se sont battues pour ne pas porter le voile en Tunisie et en Iran&amp;#8221;, des femmes et hommes politiques de tout bord, médias, féministes et intellectuels mènent bataille contre le voile. Leurs détracteurs dénoncent avec virulence arguant que ces lois vont à l&amp;#8217;encontre de celles de la République, dont celle de &lt;a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000095-laicite-les-debats-100-ans-apres-la-loi-de-1905/les-fondements-juridiques-de-la-laicite-en-france" target="_blank"&gt;1905&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En étudiant l&amp;#8217;histoire de France, on découvre que ces campagnes anti-voiles ne sont pas un fait nouveau. Pis, elles font écho chez certains Français aux campagnes de dévoilement organisées dans les pays colonisés. Le récent ouvrage &lt;em&gt;Les féministes blanches et l&amp;#8217;empire&lt;/em&gt; de Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Éwanjé-Épée revient longuement sur les &lt;a href="http://www.lafabrique.fr/spip/IMG/pdf_feminismeBAT4_glisse_e_s_.pdf" target="_blank"&gt;cérémonies de dévoilement&lt;/a&gt; en Algérie, déjà abordées par Frantz Fanon dans &lt;em&gt;L&amp;#8217;an V de la révolution algérienne,&lt;/em&gt; qui racontait que les autorités françaises portaient &amp;#8220;le maximum de leurs efforts sur le port du voile, conçu en l&amp;#8217;occurrence comme le symbole du statut de la femme algérienne.&amp;#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt="image" src="http://media.tumblr.com/965e2c11b23fe27d6b00b0bad636b5d8/tumblr_inline_mjo4xvW4MX1r1rhfk.png"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Affiche de propagande incitant les musulmanes à se dévoiler, diffusée en Algérie durant la colonisation.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux visions de la liberté&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;#8220;La femme musulmane&amp;#8221;, &amp;#8220;la femme arabe&amp;#8221; - qu&amp;#8217;elle soit en France ou ailleurs - déchaîne les passions chez ceux qui prétendre vouloir &amp;#8220;les sauver d&amp;#8217;elles-mêmes&amp;#8221; ou de la &amp;#8220;dictature patriarcale&amp;#8221;, comme l&amp;#8217;association &amp;#8220;&lt;a href="http://www.liberation.fr/politiques/0101618656-voile-sihem-habchi-de-ni-putes-ni-soumises-poursuit-le-npa" target="_blank"&gt;Ni putes, ni soumises&lt;/a&gt;&amp;#8221;, les &lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-03-12-Femen" target="_blank"&gt;Femen&lt;/a&gt;, des députés et ministres (de tous les partis - il y a un quasi-consensus sur le sujet). Sur le sujet, deux féminismes (ex&amp;#160;: Valérie Toranian du magazine &lt;a href="http://www.elle.fr/Societe/Edito/Baby-Loup-la-laicite-ne-doit-pas-s-arreter-a-la-porte-des-creches-2408190" target="_blank"&gt;Elle&lt;/a&gt; et &lt;a href="https://twitter.com/search?q=%23AngelaDavis%20voile%20musulman%20%23islamophobia%20%20%23ecoledemedecine&amp;amp;src=typd" title="Tweet Rokhaya Diallo" target="_blank"&gt;Angela Davis&lt;/a&gt;) et deux visions de la liberté s&amp;#8217;opposent. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les femmes musulmanes sont &lt;a href="http://www.islamophobie.net/rapport-annuel" target="_blank"&gt;les plus touchées&lt;/a&gt; par les actes islamophobes et sans doute les plus instrumentalisées par le discours politique. Et l&amp;#8217;ONU, tout comme d&amp;#8217;autres institutions européennes et internationales, s&amp;#8217;inquiète de &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/25/97001-20100325FILWWW00610-onu-condamnation-de-l-islamophobie.php" target="_blank"&gt;&amp;#8220;l&amp;#8217;islamophobie en France&amp;#8221;&lt;/a&gt;, et de &lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20130321.AFP7293/le-rejet-des-musulmans-progresse-fortement-sur-fond-de-hausse-des-actes-racistes.html" target="_blank"&gt;la montée d&amp;#8217;un profond sentiment anti-musulman&lt;/a&gt; dans le pays. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise à jour 21 mars 2013&lt;/strong&gt;&amp;#160;: Un autre dossier lié au secteur de la petite enfance et au voile est de nouveau sur le devant de la scène. Il concerne Fatima Afif, employée d&amp;#8217;une crèche privée licenciée pour &amp;#8220;faute grave&amp;#8221; - à savoir le port du voile - en 2008. &lt;a href="http://La%20Cour%20de%20cassation%20a%20annul%C3%A9%20mardi%20le%20licenciement%20en%202008%20dune%20employ%C3%A9e%20de%20la%20cr%C3%A8che%20priv%C3%A9e%20%C2%ABBaby-Loup%C2%BB,%20dans%20les%20Yvelines,%20qui%20s%C3%A9tait%20vu%20reprocher%20par%20son%20employeur%20de%20refuser%20d%C3%B4ter%20son%20voile%20islamique." target="_blank"&gt;La Cour de cassation a annulé la décision&lt;/a&gt;, suscitant de vives critiques et contestations, dont celles du &lt;a href="http://www.lepoint.fr/politique/creche-baby-loup-manuel-valls-regrette-une-mise-en-cause-de-la-laicite-19-03-2013-1642968_20.php" target="_blank"&gt;ministre de l&amp;#8217;Intérieur&lt;/a&gt; ou de la porte-parole du gouvernement socialiste et ministre des Droits des femmes &lt;a href="http://www.liberation.fr/societe/2013/03/20/baby-loup-la-laicite-ne-doit-pas-s-arreter-a-la-porte-des-creches_889944" target="_blank"&gt;Najat Vallaud-Belkacem&lt;/a&gt;. Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF, a commenté sur Twitter&amp;#160;: &amp;#8220;Manuel Valls fait exploser la séparation des pouvoirs en s&amp;#8217;exprimant ouvertement sur le travail des juges de la Cour de Cassation.&amp;#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, sous couvert de laïcité, des voix s&amp;#8217;élèvent pour réclamer une &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2013/03/22/01002-20130322ARTFIG00682-laicite-les-appels-a-une-loi-plus-claire-se-multiplient.php" target="_blank"&gt;nouvelle loi&lt;/a&gt;, en vue d&amp;#8217;interdire le port de signes religieux dans le secteur privé. Comme le prédisait le journaliste Alain Gresh en &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2010-11-12-La-creche-Baby-Loup-la-laicite-et-les-femmes" target="_blank"&gt;novembre 2010&lt;/a&gt;, qui le déplore &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2013-03-24-Sus-a-l-islam-Ils-ne-se-fatiguent-jamais" target="_blank"&gt;aujourd&amp;#8217;hui&lt;/a&gt;. Et tandis que le pays s&amp;#8217;enfonce dans la &lt;a href="http://www.liberation.fr/economie/2013/03/07/taux-de-chomage-record-en-france-au-4e-trimestre-2012_886865" target="_blank"&gt;crise&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAJ 28 mars&lt;/strong&gt; : Le président Hollande a évoqué une future loi lors de son interview sur France 2. Il dit comprendre &amp;#8220;que le problème puisse se poser&amp;#8221;. Au sujet des &amp;#8220;crèches associatives, pas privées&amp;#8221; et les structures &amp;#8220;en contact avec le public, la petite enfance et avec une mission d&amp;#8217;intérêt général&amp;#8221;, il appelle de ses voeux &amp;#8220;une certaine similitude avec ce qui existe dans l&amp;#8217;école&amp;#8221;. Quand David Pujadas demande s&amp;#8217;il faudra une loi, il répond&amp;#160;: &amp;#8220;Il faut que nous posions des règles et qu&amp;#8217;il y ait un consensus&amp;#8221;. &amp;#8220;Je demanderai au Premier ministre avec le défenseur des lois de réunir des groupes parlementaires pour qu&amp;#8217;un texte soit voté&amp;#8221;, a-t-il ajouté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MAJ 4 avril&amp;#160;: &lt;/strong&gt;Depuis, des défenseurs des libertés, des associations musulmanes, des blogueurs, sociologues, politiques, citoyens et le CCIF se mobilisent contre ce projet de loi avec une force et volonté sans précédent, menaçant le PS de lui faire perdre les élections municipales s&amp;#8217;il n&amp;#8217;y renonce pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un collectif d&amp;#8217;intellectuels a publié une &lt;a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/03/28/ne-stigmatisons-pas-les-musulmans_3149730_3232.html" target="_blank"&gt;tribune&lt;/a&gt; pour dénoncer une &amp;#8220;loi stigmatisante&amp;#8221; et demander &amp;#8220;la création d&amp;#8217;une commission sur l&amp;#8217;islamophobie&amp;#8221;. Marwan Muhammad a lancé une &lt;a href="http://www.change.org/stopislamophobie" target="_blank"&gt;pétition&lt;/a&gt; pour appuyer ces demandes, qui a recueilli plus de 25&amp;#160;000 signatures. &amp;#8220;Davantage que celle lancée par des islamophobes et Marianne&amp;#8221;, s&amp;#8217;enthousiasmait sur Twitter le sociologue Thomas Kirszbaum, alors que l&amp;#8217;anthropologue du CNRS Laurent Bazin pointe &amp;#8220;l&amp;#8217;inquiétante émergence d&amp;#8217;une &lt;a href="http://www.rue89.com/2013/04/02/haro-voile-entreprise-purification-nationale-241050" target="_blank"&gt;entreprise de purification nationale&lt;/a&gt;&amp;#8220; visant les femmes voilées - sorcières des temps modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&amp;#8217;ailleurs, ces femmes - à qui on donne peu la parole - ont tenté de se faire entendre aujourd&amp;#8217;hui, &amp;#8220;Topless djihad day&amp;#8221; pour les Femen. Arabes ou non, musulmanes pour la plupart, voilées ou non, elles ont témoigné, exposant leur vision du féminisme sur &lt;a href="https://twitter.com/search?q=%23muslimahpride&amp;amp;src=typd" target="_blank"&gt;Twitter &lt;/a&gt;et &lt;a href="https://www.facebook.com/events/405975192834405/" target="_blank"&gt;Facebook&lt;/a&gt;  (ce qu&amp;#8217;elles font régulièrement) et leur hostilité au mode d&amp;#8217;action des Femen. Femen qui ne font &lt;a href="http://www.franceinter.fr/les-indiscrets-rififi-chez-les-femen" target="_blank"&gt;même plus l&amp;#8217;unanimité dans leurs propres rang&lt;/a&gt;s, à cause de leur action devant la Grande mosquée de Paris*, où elles ont brûlé le drapeau portant la profession de foi islamique (symbole pour les musulmans depuis les débuts de l&amp;#8217;islam) qu&amp;#8217;elles désignent comme étant un &amp;#8220;drapeau salafiste&amp;#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les musulmans, nouveaux &lt;a href="http://www.al-kanz.org/2011/12/31/islamophobie-alain-gresh/" target="_blank"&gt;boucs-émissaires&lt;/a&gt;&amp;#160;? &lt;a href="http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-les-musulmans-en-europe-xvi-xviiie-siecles-2012-09-22" target="_blank"&gt;L&amp;#8217;histoire&lt;/a&gt; se répète-t-elle&amp;#160;? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;*En vertu de &lt;a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=040B493199DD10AB8B615A7710347602.tpdjo09v_2?idSectionTA=LEGISCTA000021796946&amp;amp;cidTexte=LEGITEXT000006070719&amp;amp;dateTexte=20130405" target="_blank"&gt;la loi &lt;/a&gt;en vigueur en France, être poitrine nue dans la rue expose à la peine de cinq ans de prison et 75000€ d&amp;#8217;amende. Les Femen pourraient aussi être poursuivies pour incitation à la haine sur motifs religieux et troubles à l&amp;#8217;ordre public. Le port du voile intégral (&amp;#8220;niqab&amp;#8221;) est interdit notamment sur la base de ce dernier motifs et des femmes ont été verbalisées.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&amp;#160;:&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Articles&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000095-laicite-les-debats-100-ans-apres-la-loi-de-1905/les-fondements-juridiques-de-la-laicite-en-france" target="_blank"&gt;Les fondements juridiques de la laïcité en France&lt;/a&gt; (Constitution de 1958, Déclaration des droits de l&amp;#8217;Homme et du citoyen, Loi de 1905)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Gresh, &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2011-03-20-Jupe-et-string-obligatoires" target="_blank"&gt;Jupe et string obligatoire&lt;/a&gt;, Nouvelles d&amp;#8217;Orient (2011)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fateh Kimouche, &lt;a href="http://www.al-kanz.org/2011/09/21/chatenay-malabry/" target="_blank"&gt;Après les robes &amp;#8220;trop ostentatoires&amp;#8221;, les robes &amp;#8220;trop islamiques&amp;#8221;&lt;/a&gt;, Alkanz.org (2011)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sébastien Fontenelle, &lt;a href="http://www.bakchich.info/france/2012/10/26/islamophobie-le-bal-des-faux-culs-61876" target="_blank"&gt;Islamophobie&amp;#160;: le bal des faux-culs&lt;/a&gt;, Bakchich.info (2012)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Tévanian, &lt;a href="http://lmsi.net/Du-hijab-a-la-burqa-et-des" target="_blank"&gt;Du hijab à la burqa et des collégiennes aux nounous&amp;#160;: les dessous d’une obsession française&lt;/a&gt;, LMSI.net (2012)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Gresh, &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2013-04-05-La-commission-Stasi-et-la-loi-contre-le-foulard" target="_blank"&gt;La commission Stasi et la loi contre le foulard&amp;#160;: retour sur une manipulation&lt;/a&gt;, Nouvelles d&amp;#8217;Orient (2013)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Livres&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zahra Ali, Féminismes islamiques, La Fabrique, 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Baubérot, La laïcité falsifiée, La découverte, 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mona Chollet, Beauté fatale, Les nouveaux visages d&amp;#8217;une aliénation féminine, Zones/La découverte, 2012 (Livre incontournable sur les féminismes et la condition actuelle des femmes. Blog de l&amp;#8217;auteure, journaliste au Monde diplomatique&amp;#160;: Périphéries.net)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomas Deltombe, L&amp;#8217;islam imaginaire, La construction médiatique de l&amp;#8217;islamophobie, 1975-2005, La découverte, 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rokhaya Diallo, Racisme, mode d&amp;#8217;emploi, Larousse, 2011 (Petite encyclopédie du racisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frantz Fanon, L’an V de la révolution algérienne, La découverte, 1959 (première édition) &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Éwanjé-Épée, Les féministes blanches et l&amp;#8217;empire, La Fabrique, 2012 (A lire aussi pour constater que la polémique lancée ne reposait sur rien, comme a fini par le reconnaître Rue 89.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Podcasts&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.islamophobie.net/articles/2012/01/19/debat-ccif-laborde-sur-la-loi-anti-nounous-musulmanes-sur-radio-orient" target="_blank"&gt;Débat&lt;/a&gt; entre Marwan Muhammad, porte-parole du Collectif contre l&amp;#8217;islamophobie en France (CCIF) et la sénatrice Laborde en janvier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://soundcloud.com/ccif/debat-muhammad-logier-habchi-bidar" target="_blank"&gt;Débat&lt;/a&gt; entre Marwan Muhammad, Raphaël Liogier, Abdennour Bidar, Sihem Habchi sur le projet de loi sur le port du voile dans les lieux d&amp;#8217;accueil de la petite enfance, en mars 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-les-musulmans-en-europe-xvi-xviiie-siecles-2012-09-22" target="_blank"&gt;Les musulmans en Europe, XVI-XVIIIe siècles&lt;/a&gt;. Lucette Valensi présente son ouvrage dans l&amp;#8217;émission Concordance des temps, sur France culture.&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/46023705055</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/46023705055</guid><pubDate>Mon, 18 Mar 2013 23:59:00 +0100</pubDate><category>voile</category><category>islamophobie</category><category>laïcité</category><category>jolie</category></item><item><title>Peine de mort, moratoire et double discours</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ou quand la diplomatie française donne raison à Tariq Ramadan.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2003, une campagne de dénigrement vise &lt;a href="http://www.tariqramadan.com/spip.php?article14&amp;amp;lang=fr" target="_blank"&gt;Tariq Ramadan&lt;/a&gt; en France, notamment à cause de cet &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=fjqs57uEsGs" target="_blank"&gt;échange&lt;/a&gt; qu&amp;#8217;il a eu avec Nicolas Sarkozy - à l&amp;#8217;époque ministre de l&amp;#8217;Intérieur* - sur la peine de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&amp;#8217;impossibilité de se faire entendre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moratoire. Le mot était lancé. Tariq Ramadan prenait fermement position &lt;a href="http://www.tariqramadan.com/spip.php?article258" target="_blank"&gt;contre&lt;/a&gt; la peine de mort**, mais pas assez selon ses détracteurs. Il n&amp;#8217;aura de cesse de dénoncer son application, en arguant qu&amp;#8217;elle ne respecte pas les règles de la shari&amp;#8217;a, tout en précisant qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;est pas en mesure, seul, de faire stopper cette pratique répandue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, un moratoire permettrait d&amp;#8217;aborder la question au niveau mondial. Position progressiste dans le &amp;#8220;monde arabe&amp;#8221;, incompréhension des accusateurs &amp;#8220;occidentaux&amp;#8221;. Pourtant, Tariq Ramadan expliquera que pendant le moratoire, les peines seront suspendues. Et le but serait alors de prouver que l&amp;#8217;application de la peine de mort est désormais impossible. Mais cela ne suffira pas. Le &amp;#8220;maître-du-double-discours-petit-fils-d&amp;#8217;Hassan-Al-Banna-Fondateur-des-Frères-musulmans-dont-une-branche-est-le-Hamas-terroriste&amp;#8221;, également surnommé &amp;#8220;&lt;a href="http://www.lepoint.fr/monde/france-sarkozy-dit-que-tariq-ramadan-soutient-hollande-les-deux-dementent-26-04-2012-1455401_24.php" target="_blank"&gt;l&amp;#8217;homme de la lapidation&lt;/a&gt;&amp;#8221;, devra se justifier lors de chaque intervention médiatique en France. Systématiquement. Mais en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Double discours&amp;#160;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, ce ne sera pas le cas du président de la République Jacques Chirac, qui défendra pourtant &lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20041007.OBS8494/chirac-veut-un-moratoire-sur-la-peine-de-mort.html" target="_blank"&gt;la même position&lt;/a&gt; en 2004. Ni du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, alors que le 20 février 2013, le quai d&amp;#8217;Orsay rappelait &amp;#8220;exhorter une fois de plus l&amp;#8217;Arabie saoudite (&amp;#8230;) à instaurer un &lt;a href="http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/vues/Kiosque/FranceDiplomatie/kiosque.php?fichier=ppfr2013-02-21.html#Chapitre2" target="_blank"&gt;moratoire&lt;/a&gt;&amp;#8221;. C&amp;#8217;est d&amp;#8217;ailleurs toujours sa position aujourd&amp;#8217;hui, comme le montre ce tweet, envoyé le 13 mars dernier et repris sur le site du Quai d&amp;#8217;Orsay. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt="image" src="http://media.tumblr.com/fa9971ca14af12e3ec591db22a97603e/tumblr_inline_mjpnbt4qux1r1rhfk.png"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tariq Ramadan n&amp;#8217;a pour sa part &lt;a href="http://www.tariqramadan.com/spip.php?page=recherche&amp;amp;recherche=peine+de+mort" target="_blank"&gt;pas changé d&amp;#8217;avis&lt;/a&gt; sur le sujet depuis 2003. Et &lt;a href="http://www.tariqramadan.com/spip.php?article86" target="_blank"&gt;dénonçait&lt;/a&gt; dès 2004 un &amp;#8220;double discours&amp;#8221; de la part des autorités françaises et de certaines médias, très virulents à son égard. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;* En tant que ministre de l&amp;#8217;Intérieur, Nicolas Sarkozy était également chargé des cultes. Il était, au moment de cette émission, en campagne pour l&amp;#8217;élection présidentielle.  &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;** Depuis plusieurs décennies, Tariq Ramadan a l&amp;#8217;interdiction d&amp;#8217;entrer sur le territoire saoudien, et d&amp;#8217;autres, à cause de ses critiques virulentes &amp;#8220;des dictatures&amp;#8221; depuis plus de vingt ans et de leur instrumentalisation de certaines pratiques, dont la peine de mort. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/45543102882</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/45543102882</guid><pubDate>Sun, 17 Mar 2013 01:51:00 +0100</pubDate><category>Tariq Ramadan</category><category>moratoire</category><category>peine de mort</category><category>Chirac</category><category>Sarkozy</category><category>sharia</category></item><item><title>Morts égyptiens, armes américaines et clause de confidentialité</title><description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que les manifestations en Egypte sont encore violemment réprimées, les Etats-Unis continuent à fournir des armes au pays, sans toutefois l&amp;#8217;assumer. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;#8220;&lt;/strong&gt;Mort asphyxié&amp;#8221;. C&amp;#8217;est ainsi qu&amp;#8217;un &lt;a href="http://www.lexpress.fr/actualite/monde/un-manifestant-tue-au-caire-lors-des-heurts-avec-la-police_1230494.html" target="_blank"&gt;manifestant égyptien&lt;/a&gt; a perdu la vie samedi dernier. Il avait respiré des gaz lacrymogènes alors que, comme des milliers d&amp;#8217;Egyptiens, il exprimait sa &lt;a href="http://www.franceinter.fr/depeche-nouvelles-violences-en-egypte-apres-le-verdict-de-port-said" target="_blank"&gt;colère&lt;/a&gt; suite au verdict du &lt;a href="http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/03/06/port-said-le-drame-qui-a-mis-le-feu-aux-poudres_1842798_3212.html" target="_blank"&gt;match&lt;/a&gt; de Port Saïd. Deux ans après la chute du président Moubarak, les forces de sécurité tuent toujours des manifestants. Elles visent la poitrine, la &lt;a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jzps8GFEnOwCPj4_oOm4cm8_5BhQ?docId=CNG.8eed8f076c6b83675455da74ce0276e5.701" target="_blank"&gt;tête&lt;/a&gt; et les aspergent de gaz lacrymogènes. Ce n&amp;#8217;est pas nouveau. Ce qui n&amp;#8217;est pas non plus nouveau, c&amp;#8217;est que ces armes sont vendues par les &lt;a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=490475314314662&amp;amp;set=a.406925906002937.104273.402400289788832&amp;amp;type=1" target="_blank"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &lt;a href="http://www.commondreams.org/headline/2013/02/22-2" target="_blank"&gt;note confidentielle&lt;/a&gt; révélée par le journal Egypt independant dévoile le détail des dernières transactions. Au bord de la faillite, l&amp;#8217;Egypte a consacré 2&amp;#160;463&amp;#160;000 dollars à l&amp;#8217;achat de 140&amp;#160;000 bombes lacrymogènes. Les Etats-Unis de Barack Obama persistent donc à fournir des armes à ce pays, alors que la liste des morts ne cesse de s&amp;#8217;allonger. Mais à &lt;strong&gt;une condition&amp;#160;: que le pays de provenance et le noms des entreprises de production ne figurent pas sur ces armes.&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces gaz sont extrêmement nocifs. Un &lt;a href="http://www.masrawy.com/news/Egypt/Politics/2013/March/6/5544813.aspx" target="_blank"&gt;rapport interne&lt;/a&gt; publié il y a une semaine par le média égyptien Al Masrawy le confirme. Il fait écho aux faits rapportés et interrogations soulevées fin 2011 sur leurs &lt;a href="http://www.rue89.com/2011/11/26/legypte-paniquee-par-les-gaz-utilises-contre-les-manifestants-place-tahrir-226927" target="_blank"&gt;effets&lt;/a&gt;. J&amp;#8217;ai pu en avoir un aperçu le 19 novembre 2011. Ce matin là, une forte odeur se dégageait de la station de métro de la place Tahrir. Des jeunes hommes distribuaient des mouchoirs aux femmes qui circulaient dans la station. Tous les usagers se cachaient le visage, pleuraient, toussaient. Retenir sa respiration ou se cacher le visage avec un tissu ou un vêtement ne suffisait pas. Les gaz avaient pourtant été aspergés plusieurs heures auparavant. Un jeune révolutionnaire affirmait que la veille, les forces de sécurité avaient aspergé les gaz directement dans la station de métro dont les issues encerclent la place Tahrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Déjà, à l&amp;#8217;époque, le président Obama affirmait régulièrement &amp;#8220;son soutien aux Egyptiens&amp;#8221;. Aujourd&amp;#8217;hui encore, il fait souvent part à Mohamed Morsi de sa &amp;#8220;&lt;a href="http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/20317693" target="_blank"&gt;profonde inquiétude&amp;#8221;&lt;/a&gt; au sujet du &amp;#8220;lourd bilan des manifestations&amp;#8221;. Bilan causé par les armes que son pays vend. Voilà sans doute pourquoi les Etats-Unis poursuivent ces transactions, mais plus discrètement. Espérant sans doute que ces photos ne feront plus le tour du monde. Ainsi, le plus gros exportateur d&amp;#8217;armes au monde pourra continuer à se vanter de soutenir la jeune démocratie égyptienne et la paix, partout dans le monde. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt="image" src="http://media.tumblr.com/662afd48b7e9d578e5d29df2fe812ddb/tumblr_inline_mjgnjh7mxu1r1rhfk.png"/&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/45211694833</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/45211694833</guid><pubDate>Tue, 12 Mar 2013 21:51:00 +0100</pubDate><category>Egypte</category><category>USA</category><category>armes</category><category>PortSaïd</category></item><item><title> La LDJ vous demande de “l’aider à lutter contre le...</title><description>&lt;img src="http://25.media.tumblr.com/5f955d2d6165a7db50c33b33b4e4299c/tumblr_mj9ci8Q68q1r4smldo1_500.png"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt; La LDJ vous demande de “l’aider à lutter contre le terrorisme israélien” &lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Oui, il s’agit bien du site de La ligue de défense juive (LDJ), groupe très actif de soutien à la politique israélienne. Non, le site ne semble pas avoir été piraté. Il s’agit de renvois automatiques vers des pages mentionnant la LDJ sur les réseaux sociaux. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt; Un “epic fail” de la part de la LDJ, connue pour ses positions radicales.&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/44729266222</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/44729266222</guid><pubDate>Wed, 06 Mar 2013 22:18:00 +0100</pubDate><category>LDJ</category><category>Israël</category><category>Palestine</category></item><item><title>"Liberté pour Nadir Dendoune" - Dernière MAJ : Nadir Dendoune est libre ! </title><description>&lt;p&gt;&amp;#8220;&lt;i&gt;Les Français ne se mobiliseront pas pour lui. C&amp;#8217;est un Arabe, un barbu, sans doute musulman, bref, il n&amp;#8217;a pas la gueule d&amp;#8217;un type qu&amp;#8217;on a envie d&amp;#8217;aider&lt;/i&gt;.&amp;#8221; &amp;#8220;&lt;i&gt;Il n&amp;#8217;avait qu&amp;#8217;à pas se rendre en Irak, il l&amp;#8217;a bien cherché. Et puis, ces journalistes, ce sont tous les mêmes. Il est allé dans ce pays pour nous ramener une belle propagande. Marre des médias&lt;/i&gt;.&amp;#8221; &amp;#8220;&lt;i&gt;La détention de Nadir Dendoune en Irak n&amp;#8217;aura jamais autant de retentissement que celle de Florence Cassez&amp;#160;! Ce n&amp;#8217;est pas une jolie jeune femme au nom bien français. Il n&amp;#8217;a pas le profil idéal&amp;#8230;&lt;/i&gt;&amp;#8221; &amp;#8220;&lt;i&gt;Les journalistes et les médias ne le soutiendront pas. Il n&amp;#8217;est pas du sérail. C&amp;#8217;est un indépendant, qui ne sait pas se faire discret. Ils ne feront pas campagne pour lui comme ils l&amp;#8217;auraient fait pour un confrère ou une consoeur qui leur ressemble.&lt;/i&gt;&amp;#8221;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voilà ce qu&amp;#8217;on peut lire ou entendre depuis que l&amp;#8217;arrestation et la détention du journaliste français Nadir Dendoune ont été annoncées. On a d&amp;#8217;abord pu croire à une blague - le personnage est quelque peu fantasque - mais très vite, ses proches ont démenti une quelconque farce. Nadir Dendoune, parti en Irak avec un visa presse et une accréditation du &lt;a href="http://blog.mondediplo.net/2013-01-30-Liberte-pour-Nadir-Dendoune" target="_blank"&gt;Monde diplomatique&lt;/a&gt; pour réaliser des reportages, a été arrêté, il y a neuf jours. Il est à l&amp;#8217;heure où j&amp;#8217;écris ces lignes privé de sa liberté, sans que les motifs de son arrestation soient clairement établis et sans motif d&amp;#8217;inculpation - on parle de photos qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;aurait pas eu le droit de prendre. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nadir est un journaliste engagé, un militant, qui &amp;#8220;galère&amp;#8221; parce qu&amp;#8217;il est trop indépendant pour se laisser mettre dans une case. Son parcours est atypique, fait d&amp;#8217;épreuves et d&amp;#8217;embûches, mais il porte ses projets à bout de bras, quoi qu&amp;#8217;il lui en coûte. &lt;br/&gt;
Si cet homme de conviction est retourné en Irak, après être allé à plusieurs reprises en Palestine, c&amp;#8217;est pour nous informer. Tout comme de très nombreux reporters français le font à travers le monde, parfois au péril de leur vie. Parce que l&amp;#8217;information est l&amp;#8217;un des biens les plus précieux.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce journaliste et écrivain a publié son dernier article &amp;#8220;En direct de Bagdad&amp;#160;: devenir invisible&amp;#8230;&amp;#8221; sur le site du magazine &lt;a href="http://www.lecourrierdelatlas.com/399221012013La-chronique-du-tocard-direct-de-Bagdad-Devenir-invisiblePar-Nadir-Dendoune.html" target="_blank"&gt;Le courrier de l&amp;#8217;Atlas&lt;/a&gt;. Ses amis et proches ne veulent pas le laisser devenir invisible dans son pays, la France. &amp;#8220;Palestine&amp;#8221;, le film engagé qu&amp;#8217;il a réalisé, sera diffusé comme prévu aujourd&amp;#8217;hui &lt;b&gt;jeudi 31 à 18 heures 30, à l&amp;#8217;Institut du monde arabe, à Paris. Un point presse aura lieu à 17 heures&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Voici le communiqué publié par son comité de soutien. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;#8220;&lt;i&gt;Communiqué de Presse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Création du Comité de Soutien pour la libération de Nadir Dendoune, journaliste français détenu en Irak.&lt;br/&gt;
Nadir Dendoune, journaliste français, a été arrêté à Bagdad le 23 janvier dernier. Il y est incarcéré depuis cette date.&lt;br/&gt;
Il a été interpellé dans l’exercice de son métier. Il est allé en Irak en reportage pour le Monde Diplomatique et le Courrier de l’Atlas. &lt;br/&gt;
Nadir est en possession d’un visa presse, et les motifs de son arrestation ne sont toujours pas connus à ce jour.&lt;br/&gt;
Le Quai d’Orsay est intervenu auprès des autorités irakiennes.&lt;br/&gt;
Nadir doit être libéré au plus vite, et rejoindre ses proches qui depuis une semaine, sont sans nouvelles.&lt;br/&gt;
La famille de Nadir Dendoune, et le Comité de Soutien demandent à être reçus dans les plus brefs délais par le Ministère des Affaires Etrangères.&lt;br/&gt;
La mobilisation doit s’amplifier jusqu’à sa libération.&lt;br/&gt;
Nadir avait prévu de rentrer ce 31 janvier afin de participer à la projection de son documentaire Palestine, à l&amp;#8217;Institut du Monde Arabe. La projection est maintenue.&lt;br/&gt;
Un point presse sera tenu le 31 janvier à 17 heures à l’Institut du Monde Arabe.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Contacts presse du comité de soutien&amp;#160;:&lt;br/&gt;
Madjid MESSAOUDENE 06&amp;#160;70&amp;#160;63&amp;#160;01&amp;#160;40  &lt;br/&gt;
Arnaud BAUR  06&amp;#160;79&amp;#160;57&amp;#160;63&amp;#160;41                              &lt;br/&gt;
Emilie RAFFOUL 06&amp;#160;22&amp;#160;61&amp;#160;62&amp;#160;42&lt;br/&gt;
libereznadirdendoune@gmail.com&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le Comité de Soutien pour la Libération de Nadir DENDOUNE &amp;#8220;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mise à jour&amp;#160;: rassemblement avec RSF &lt;b&gt;vendredi 1er février à 17h30&lt;/b&gt;, devant la Fontaine des innocents à &lt;b&gt;Paris&lt;/b&gt; (Châtelet les Halles).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mise à jour&amp;#160;: la famille Dendoune a été reçue par le Quai d&amp;#8217;Orsay. Nadir Dendoune, détenu depuis quatorze jours, comparaîtra devant un juge aujourd&amp;#8217;hui, &lt;b&gt;mardi 5 février&lt;/b&gt;. Il aurait été inculpé pour avoir pris des photos de policiers et mukhabarat (renseignements irakiens), selon l&amp;#8217;AFP. Son portrait par Omar Ouahmane (diffusé ce matin sur France culture) &lt;a href="http://www.franceculture.fr/emission-trait-pour-trait-nadir-dendoune-journaliste-francais-emprisonne-en-irak-2013-02-05" target="_blank"&gt;http://www.franceculture.fr/emission-trait-pour-trait-nadir-dendoune-journaliste-francais-emprisonne-en-irak-2013-02-05&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Verdict &lt;b&gt;mardi 5 février&lt;/b&gt;&amp;#160;: Le journaliste reste en détention à Bagdad. Sine die. Le juge étudie son dossier &lt;a href="http://www.liberation.fr/monde/2013/02/05/nadir-dendoune-entendu-par-un-juge-a-bagdad_879466" target="_blank"&gt;http://www.liberation.fr/monde/2013/02/05/nadir-dendoune-entendu-par-un-juge-a-bagdad_879466&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Rassemblement demain (mercredi 6 février) à 17h30 au Trocadéro pour demander sa libération.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nadir Dendoune raconte son parcours atypique, fait de rêves, embûches et défis relevés dans cette vidéo (DACP) &lt;a href="https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;amp;v=XbB0Tc7FRrM" target="_blank"&gt;https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;amp;v=XbB0Tc7FRrM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;14 février 2013, après 23 jours de détention sans motif clair d&amp;#8217;inculpation, Nadir Dendoune a été libéré.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Retour de Nadir Dendoune en France le 4 mars. &lt;br/&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/3e41f5152817fb79ed7c1a761cb46421/tumblr_inline_mhgnlgYVVG1r1rhfk.png"/&gt;&lt;img/&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/41896581816</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/41896581816</guid><pubDate>Wed, 30 Jan 2013 23:58:00 +0100</pubDate><category>NadirDendoune</category><category>presse</category><category>Irak</category><category>liberté</category><category>journaliste</category></item><item><title>Si c'est un homme</title><description>&lt;p&gt;Adam n’est pas encore mort. Mais il n’est plus tout à fait vivant. Il erre, perdu à travers le temps, chaque jour dans les rues de cette ville si riche et si pauvre à la fois. Riche parce que c’est une commune cossue de la région parisienne. Pauvre parce qu’elle ne partage rien. Qu’elle garde tout pour elle, jalousement, comme les plus riches savent parfois le faire. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Adam a les yeux marron. Il est brun. Adam n’est pas très propre. Ses longs doigts fins, ses ongles, ses longs cheveux sont sales. Adam est maigre. Il porte chaque jour son jean bleu délavé, un pull noir, un blouson noir, un bonnet noir et des baskets noires. Il n’est pas très grand et un peu courbé. Comme s’il portait tout le poids de sa misérable vie sur ses frêles épaules. Adam vit dans la rue - enfin, il survit. Mais quand on lui parle, il sourit. Les yeux prêts à laisser échapper des larmes de détresse si on insistait, mais son visage fin et expressif s’illumine toujours d’un sourire sincère. Triste et plein d’espoir à la fois. Il est fier, Adam. S’il y a bien une chose qui semble ne pas le quitter, c’est sa fierté. Quand on lui demande «&amp;#160;&lt;i&gt;Avez-vous besoin de quelque chose&amp;#160;?&lt;/i&gt;&amp;#160;», il répond presque à chaque fois «&amp;#160;&lt;i&gt;Non, j’ai tout ce qu’il me faut &lt;/i&gt;», en désignant une bouteille d’eau, un sac en plastique avec quelques maigres provisions déposé dans un carton dans lequel se côtoient des emballages vides et un petit sac qui contient toute sa vie. Première claque. Il est digne, Adam. Toujours accroché à sa dignité que personne ne peut lui prendre. Et à sa cigarette. Et à ses livres. Il a construit une sorte de cabane avec des murs en carton, un sac de couchage, des coussins et des couvertures. Ce petit abri à l’extérieur sans toit, sur le trottoir, dans un petit coin à côté de l’entrée d’un immeuble, c’est sa maison. Elle est bien rangée, propre, petite mais presque accueillante. Il s’est installé dans une rue très vivante, une des principales artères de cette grande ville où les magasins d’alimentation, boutiques de vêtements, bijouteries aux diamants hors de prix, cafés animés, restaurants, salons de coiffure et autres agences immobilières à la devanture rouge ou blanche se succèdent. Sa couverture orange et sa maigre couverture bleue ne parviennent pas à le protéger du froid, pas plus que son vieux et fin blouson ou son bonnet&amp;#160;: les températures sont négatives, très négatives. Pourtant il garde sur son visage son sourire de façade. Et tout près de lui son livre &lt;i&gt;C’est beau une ville la nuit&lt;/i&gt; de Richard Bohringer. Il aime lire. Donc il lit, allongé sous les couvertures, une cigarette à la main. Pour Adam, les jours se suivent et se ressemblent. Il s&amp;#8217;endort dans la rue, il se réveille dans la rue. Seul. Sans amis. Sans amour. Sans chaleur. Pas sûr qu&amp;#8217;une ville soit si belle la nuit dans ces conditions. Pas plus que le jour. Adam est l’un de ces accidentés de la vie qui n’a pas su ou pu se relever quand il est tombé et à qui on n’a pas tendu la main. Ou pas assez vite. Pas assez longtemps. Pas assez fort. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Adam a un regard dont la profondeur est aussi abyssale que la tristesse qu’il exprime. Il a l’air d’avoir cinquante ans. Il en a trente-neuf. Trente-neuf ans. Deuxième claque. C&amp;#8217;est très difficile à croire. La rue l’a rongé. L’a vidé. Lui a presque tout pris. C’est un peu comme s’il n’avait plus d’âge. Sa vie ne tient qu’à un fil. Il est maigre. Peut-être parce qu’il ne mange pas à sa faim. Ainsi, il prend le moins de place possible. Parce qu’il n’a de toute façon pas sa place dans cette rue commerçante, dans cette ville opulente, dans ce petit monde qui vomit sa richesse et se refuse à la partager. Il a peut-être des rêves, cet homme. Il en avait sans doute quand il est arrivé en France, il y a treize ans. «&amp;#160;&lt;i&gt;J’étais serveur dans mon pays, je voulais faire ce métier ici aussi&lt;/i&gt;&amp;#160;», dit-il. Serveur&amp;#160;? Ca ne semble pas être un emploi difficile à trouver, surtout à Paris. Mais il n’a pas trouvé. Et ce fut l’engrenage. Un engrenage qu’il ne raconte pas. Adam est plutôt taiseux. Il ponctue ses phrases par un «&amp;#160;&lt;i&gt;C’est la vie&lt;/i&gt;&amp;#160;» et désigne parfois le ciel, pour ne pas avoir à répondre. Il préfère s’en remettre à plus grand que lui. Ca fait donc quatre mille sept cent quarante-cinq jours qu’il est en France. Sans compter les jours des années bissextiles. Inutile, ça fait déjà beaucoup. Beaucoup trop quand on galère et souffre autant. Son regard est malgré tout doux et généreux. C’est vrai que le regard est le reflet de l’âme. Il exprime tout ce que les mots ne peuvent pas dire. Fierté ou pudeur oblige. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les commerçants du quartier connaissent ce voisin particulier. Disent que sa famille restée au pays est aisée. Il confirme. Il ne peut pas y retourner, ne dit pas pourquoi. Ici, il ne veut pas demander d’aide. En plus, pas certain qu’on lui en donne. Il y a bien ce teinturier qui possède des logements vides mais rechigne à lui tendre la main&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;i&gt;Moi, personne ne m’a aidé quand je suis arrivé en France. J’étais un réfugié. J’avais fui la guerre dans mon pays. J’ai connu la prison, les hôpitaux, je ne dois rien à personne. Puis, il ne faut pas aider les gens comme ça&amp;#160;: ils ne veulent pas de notre soutien&lt;/i&gt;&amp;#160;», argumente-t-il, très sûr de lui. Il est aussi bavard qu’Adam est silencieux, ce teinturier. L’assistante sociale ne fait elle non plus rien de particulier pour Adam et il faut des fiches de paye pour rejoindre un foyer&amp;#8230; Il a perdu ses papiers d’identité depuis des années mais explique entreprendre des démarches. Ses yeux affirment le contraire. Il est perdu. Il a peur du regard des autres. On dirait qu’il s’est habitué à la solitude. Cette solitude toutefois animée par des voix qu’il entend. Les effets de l’alcool&amp;#160;? Non&amp;#160;! Il n’en boit jamais dit fermement le tenancier du bar d’à côté qui se vante de lui offrir des verres et ne comprend pas qu’Adam les refuse. Mais Adam est attaché à ce principe&amp;#160;: jamais d&amp;#8217;alcool. Alors peut-être est-il «&amp;#160;dérangé&amp;#160;» comme on dit poliment, comme nombre de ses camarades qui vivent dans la rue. Finalement, ces voix lui tiennent compagnie quand il passe ses nuits seul, à espérer la vie et à tutoyer la mort. Elle rôde autour de lui, chaque jour et chaque nuit un peu plus. Il fait très froid cet hiver. Ce ne sont pas les jolies femmes en tailleur, les mères avec leurs poussettes, les familles qui se baladent, les ados qui font du lèche-vitrines ou les hommes en costume pressés d’aller au travail qui arpentent cette rue qui soutiendront le contraire. Ils passent devant lui et ne le voient plus. Il est caché derrière ses cartons. Derrière sa misère. Cet homme est devenu invisible. Enfin, sauf pour les services municipaux. Ils l’ont repéré et lui ont demandé de partir. Depuis quelques mois, Adam ne peut plus se réfugier dans son abri de fortune. Il a été détruit. Pour la mairie de cette ville aisée, ça fait tâche un homme qui dort dehors. C’est gênant, un SDF. Ça ne sent pas bon, un SDF. Adam ne sent pas mauvais mais on sait qu&amp;#8217;il ne peut pas se laver alors voilà, on imagine que c&amp;#8217;est le cas. Et puis, un SDF, ça gâche ce beau paysage commercial, faudrait pas que les clients de la rue croisent son regard triste entre une visite chez le coiffeur et un retrait à la banque avant d’aller prendre l’apéro dans un bar ou dîner chez l’Italien d’en face. Ca pourrait gâcher leur plaisir et leur donner envie de moins consommer – sacrilège. Toutefois, ça ne durerait que quelques secondes. Parce qu’en vrai, personne n’en a réellement quoi que ce soit à faire d’Adam. Faut juste qu’il aille traîner sa misère ailleurs. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Encore aujourd&amp;#8217;hui, dans cette rue, on peut croiser Adam traîner son corps – pardon, se promener – plongé dans ses pensées, les yeux toujours baissés. Comme s’il avait fait quelque chose de mal. Comme s&amp;#8217;il n&amp;#8217;avait pas le droit d&amp;#8217;être là. Comme s&amp;#8217;il était de trop. Il tourne en rond, fait les cent pas, les mains dans les poches quand il ne porte pas ce sac qui contient toute sa vie. «&amp;#160;&lt;i&gt;Je fais juste passer le temps&lt;/i&gt;&amp;#160;», se défend-il. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette nuit, il devra supporter des températures négatives, très négatives. Et les jours d’après aussi, jusqu’à ce que son corps fragile devienne complètement froid. Alors, il rejoindra sa dernière demeure, celle dont plus personne ne pourra le déloger. &lt;br/&gt;
Ce soir, Adam n’est pas encore &lt;a href="http://mortsdelarue.org/spip.php?article14" target="_blank"&gt;mort&lt;/a&gt;. Mais il n’est plus tout à fait vivant.&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/41128421380</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/41128421380</guid><pubDate>Mon, 21 Jan 2013 21:16:00 +0100</pubDate><category>froid</category><category>précarité</category><category>adam</category><category>SDF</category></item><item><title>Exil</title><description>&lt;p&gt;&amp;#8220;Exilés fiscaux&amp;#8221;. Encore un concept marketing à la mode. Alors que des personnes en situation de grande précarité se refusent à percevoir le RSA &lt;a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/06/pres-de-la-moitie-de-ceux-qui-pourraient-recevoir-le-rsa-ne-le-demandent-pas_1730497_3234.html" target="_blank"&gt;&amp;#8220;par principe&amp;#8221;&lt;/a&gt; - oui, les &lt;a href="http://www.metrofrance.com/info/wauquiez-rsa-assistanat-et-cancer-de-la-societe-francaise/mkei!pupTkM7vBiOo/" target="_blank"&gt;&amp;#8220;assistés&amp;#8221;&lt;/a&gt; ont des principes - d&amp;#8217;autres bien mieux loties quittent le navire. La France va mal. La crise dure, encore et encore et des gloires du cinéma français, de grands chefs d&amp;#8217;entreprises, des sportifs de très haut niveau quittent ce navire français qui semble sur le point de couler. Leurs états d&amp;#8217;âme, leurs inquiétudes, leurs caprices prennent toute la place. Pauvres exilés&amp;#8230;C&amp;#8217;est vrai que leur sort est vraiment triste. Bien plus que celui des hommes et femmes qui doivent fuir leur pays en abandonnant tout ce qu&amp;#8217;ils ont pour non pas payer moins d&amp;#8217;impôts, mais sauver leur peau. &lt;br/&gt;
C&amp;#8217;était le cas d&amp;#8217;Ahmed, &lt;a href="http://sanstransition.tumblr.com/post/25933804302/priez-pour-nous" target="_blank"&gt;un Syrien rencontré au Caire&lt;/a&gt;. Il a laissé ce qu&amp;#8217;il avait de plus cher derrière lui&amp;#160;: sa douce femme et ses deux fils&amp;#160;; pris trois ou quatre valises&amp;#160;; sa grande soeur au regard meurtri&amp;#160;; sa belle-fille au sourire trompeur et tout le chagrin qu&amp;#8217;un coeur peut contenir. Direction la Libye. Ahmed adore son pays, déteste Bashar, rêve d&amp;#8217;avoir une petite fille, espère retrouver sa femme et ses enfants. Mais Ahmed doit quitter la Syrie maintenant, sans se retourner&amp;#160;: c&amp;#8217;est une question de vie ou de &lt;a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/01/02/97001-20130102FILWWW00417-le-conflit-syrien-a-fait-60000-morts.php?cmtpage=1" target="_blank"&gt;mort&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il y a aussi cette mère. Née en Algérie. Venue en France à l&amp;#8217;âge de treize ans. &amp;#8220;Pour les vacances&amp;#8221;, avaient promis ses parents. Elle se retrouvera piégée, dans ce pays &amp;#8220;où il fait froid&amp;#8221;&amp;#160;; &amp;#8220;où les voisins ferment toujours la porte de la maison&amp;#8221;&amp;#160;; où elle est seule alors que toute sa famille habitait le petit village qui l&amp;#8217;a vue naître. &amp;#8220;Nous étions soudés, &lt;i&gt;ça&lt;/i&gt; nous a séparés&amp;#8221;, répète-t-elle depuis quarante ans, le regard et le coeur vides, aussi vides que le regard de son père. &amp;#8220;Ça&amp;#8221; désigne pudiquement le fait de quitter sa patrie pour des raisons économiques, après la colonisation, la guerre&amp;#8230;Son pays, elle n&amp;#8217;y est retournée qu&amp;#8217;une seule fois, à dix-huit ans. Et a juré que c&amp;#8217;était la dernière fois. Parce que tout a changé. Parce qu&amp;#8217;elle a changé. Mais la chaleur de son Algérie natale lui manque et lui manquera jusqu&amp;#8217;à son dernier souffle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Des histoires d&amp;#8217;exil, il y a en a des millions. &lt;br/&gt;
Des femmes et hommes quittent leur pays sur un bateau et meurent en mer&amp;#160;; des femmes tentent leur chance ailleurs et se retrouvent violées, prostituées de force dans un pays où elles devaient devenir serveuses, couturières ou épouses. &lt;br/&gt;
Des pères ont consacré leur jeunesse et donné leur temps, leur force, leur santé à un pays qui rejette aujourd&amp;#8217;hui leurs enfants. &lt;br/&gt;
Des familles sont déplacées en Afrique, en Asie, vivent dans des camps de réfugiés, chassées par des conflits. &lt;br/&gt;
Des hommes se font voler leurs organes dans le désert égyptien alors qu&amp;#8217;ils tentaient de rejoindre Israël - qui leur refusera l&amp;#8217;accès à la Terre promise s&amp;#8217;ils l&amp;#8217;atteignaient. &lt;br/&gt;
Oui, des histoires d&amp;#8217;exil, il y en a des millions. Toutes plus douloureuses les unes que les autres.&lt;br/&gt;
Alors, peut-être faudrait-il rendre leur sens aux mots et ne plus parler &amp;#8220;d&amp;#8217;exil&amp;#8221; pour désigner des évadés fiscaux. Ce sont des citoyens libres d&amp;#8217;aller où ils le veulent, quand ils le veulent, sans rendre de comptes. C&amp;#8217;est leur droit. Notre droit est semble-t-il de ne plus utiliser le mot &amp;#8220;exil&amp;#8221;. A moins que ce soit pour parler des vrais exilés à qui on n&amp;#8217;offre pas le luxe d&amp;#8217;exhiber leurs états d&amp;#8217;âme et inquiétudes. Et qui auraient peut-être trop de pudeur et de décence pour le faire.&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/40010760117</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/40010760117</guid><pubDate>Tue, 08 Jan 2013 14:40:00 +0100</pubDate><category>exil</category><category>evasionfiscale</category></item><item><title>&amp;#8220;Ce n&amp;#8217;étaient pas les bombes qui faisaient peur. C&amp;#8217;étaient les victimes des...</title><description>&lt;p&gt;&amp;#8220;Ce n&amp;#8217;étaient pas les bombes qui faisaient peur. C&amp;#8217;étaient les victimes des bombes. La mort en public était une forme de décès très spéciale. Les bombes mutilaient et s&amp;#8217;emparaient de leurs morts. L&amp;#8217;explosion arrachait les chaussures des gens comme un parent plein d&amp;#8217;attention, elle ouvrait lascivement la chemise des hommes&amp;#160;; le souffle luxurieux de la bombe remontait la jupe des femmes pour dénuder leurs cuisses ensanglantées. (&amp;#8230;) Enfin, les gens tués par la bombe étaient indéniablement morts, putain. Ils étaient très très morts.&amp;#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Eurêka street, Robert Mc Liam Wilson (traduit par Brice Matthieussent), Ed.Bourgois, 1997&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/37595735625</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/37595735625</guid><pubDate>Mon, 10 Dec 2012 00:58:00 +0100</pubDate><category>Eurêka</category><category>livre</category><category>bombe</category></item><item><title>"Vous voyez le village d'Astérix ? Israël, c'est pareil."</title><description>&lt;p&gt;A deux pas des Champs Elysées, hier, des milliers de Français ont manifesté leur soutien à l&amp;#8217;offensive israélienne contre La Bande de Gaza, à &lt;a href="http://www.crif.org/fr/communiquedepresse/appel-au-rassemblement/33479" target="_blank"&gt;l&amp;#8217;appel&lt;/a&gt; du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;&amp;#8220;Vive la paix, mais vive Israël d&amp;#8217;abord&amp;#8221;&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
19 heures. La rue Jean Mermoz, dans le huitième arrondissement de Paris, est fermée à la circulation. Dix-sept véhicules de CRS bloquent cette rue perpendiculaire à la rue Rabelais, où se situe l&amp;#8217;ambassade d&amp;#8217;Israël. Il faut passer par des check-points de CRS et ouvrir son sac pour rejoindre le rassemblement. Ce soir, des &amp;#8220;juifs et amis d&amp;#8217;Israël&amp;#8221; sont réunis autour du Crif pour réaffirmer leur soutien indéfectible à Israël. La &amp;#8220;guerre&amp;#8221; dure depuis une semaine et tout citoyen attaché à la liberté doit être du côté d&amp;#8217;Israël, explique-t-on. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Des femmes et des hommes de tous les âges, y compris des personnes très âgées, sont présentes. Ils sont plus de 7.000 selon les organisateurs, environ 2.500 d&amp;#8217;après la police. Ils crient leur soutien à Israël, brandissent des pancartes accusant le Hamas de terrorisme, d&amp;#8217;autres affirmant, comme les membres du Crif, &amp;#8220;Attaquer Israël, c&amp;#8217;est attaquer la France&amp;#8221;. On scande&amp;#160;: &amp;#8220;Israël vivra, Israël vaincra&amp;#8221;, chante l&amp;#8217;hymne israélien et La Marseillaise, avec ardeur, et affirme &amp;#8220;Vive la paix mais vive Israël d&amp;#8217;abord&amp;#8221;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;&amp;#8220;Tous les juifs y retourneront. Amen.&amp;#8221;&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Peu de drapeaux israéliens dans la foule. Ils ne sont pas les bienvenus, pas plus que ceux des nombreuses organisations présentes. Richard Prasquier (président de l&amp;#8217;institution) avait prévenu&amp;#160;: c&amp;#8217;est le drapeau français qui doit être brandi ce soir. Celui du &lt;a href="http://betar.free.fr/betar/home.php" target="_blank"&gt;Betar&lt;/a&gt; est pourtant fièrement agité par un homme. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Toutes les personnes interrogées revendiquent un lien intangible avec Israël. Pour elles, c&amp;#8217;est une évidence. A la question&amp;#160;: &amp;#8220;Etes-vous Israélien&amp;#160;?&amp;#8221; Elles répondent, hésitantes&amp;#160;: &amp;#8220;Non, je suis Français&amp;#8221; mais ajoutent, plus sûres d&amp;#8217;elles, &amp;#8220;Israël est mon pays car je suis juif.&amp;#8221; Israël est &amp;#8220;leur terre&amp;#8221;. Même s&amp;#8217;ils y sont rarement allés, ils en parlent comme s&amp;#8217;ils y vivaient. Daniel, un blond à lunettes de 20 ans, raconte que, depuis toujours, on lui répète que c&amp;#8217;est &amp;#8220;son pays&amp;#8221; et que &amp;#8220;tous les juifs y retourneront&amp;#8221;, c&amp;#8217;est une formule sacrée pour nous tous, précise-t-il. Alors, il faut lui rester fidèle et le défendre. D&amp;#8217;autant que dans ce conflit qui l&amp;#8217;oppose à Gaza, &amp;#8220;Israël ne fait que se protéger&amp;#8221;, insiste-t-on. Ils sont extrêmement fiers de l&amp;#8217;armée israélienne. Tsahal, dont l&amp;#8217;un des ex-soldats, &lt;a href="http://oumma.com/14865/soutient-israel-contre-gaza-arno-klarsfeld-demissionne" target="_blank"&gt;Arno Klarsfeld&lt;/a&gt;, est présent sur scène, est autant l&amp;#8217;héroïne de ce rassemblement que le Hamas et le &amp;#8220;terrorisme islamiste&amp;#8221; en sont les ennemis jurés. Ne pas soutenir Israël, c&amp;#8217;est soutenir le terrorisme - une menace présentée comme imminente -, c&amp;#8217;est vouloir &amp;#8220;d&amp;#8217;autres Toulouse&amp;#8221;, c&amp;#8217;est encourager &amp;#8220;d&amp;#8217;autres Mohamed Merah&amp;#8221; et ça, le monde entier doit le comprendre, racontent des membres du Crif. La foule, convaincue, acquiesce, applaudit, exprime son soutien. Israël &amp;#8220;seule démocratie de la région&amp;#8221;, est présenté comme le dernier rempart contre tout ces menaces.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On peut ressentir un grand sentiment de peur dans le public. Cette peur se lit sur les visages, s&amp;#8217;entend dans la voix. Le Crif, &lt;a href="http://www.crif.org/le-crif/Pr%C3%A9sentation" target="_blank"&gt;créé en 1943&lt;/a&gt; sur la mémoire de la Shoah, joue sur cette psychose. Le discours alimente ce sentiment de haine, d&amp;#8217;oppression et de persécution des juifs ou d&amp;#8217;Israël. Critiquer la politique israélienne, c&amp;#8217;est être antisémite. Relater des faits qui ne sont pas favorables au message porté par le gouvernement israélien, c&amp;#8217;est mentir. On lit la fougue et parfois la haine sur le visage de jeunes gens mais aussi l&amp;#8217;inquiétude sur ceux d&amp;#8217;autres manifestants, des jeunes comme des plus âgés. Le pire vecteur de cette haine d&amp;#8217;Israël - et par extension, des juifs - sont &amp;#8220;les médias français&amp;#8221;. Sur scène, on dénonce &amp;#8220;les mensonges des médias&amp;#8221;. Ces derniers sont hués dès qu&amp;#8217;un intervenant évoque le traitement du conflit actuel. Les enfants palestiniens morts&amp;#160;? Un &amp;#8220;mensonge&amp;#8221;. Le blocus de Gaza&amp;#160;? Un &amp;#8220;mensonge&amp;#8221;. Chaque mot est dûment choisi par les membres et sympathisants du Crif pour raviver la flamme nationaliste. Et la peur. Toujours la peur. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;&amp;#8220;Deux poids, deux mesures&amp;#8221;&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Toutes les personnes interviewées tiennent les mêmes propos, convaincues qu&amp;#8217;elles ne sont pas comprises et qu&amp;#8217;elles doivent convaincre&amp;#160;: &amp;#8220;Les médias font le jeu du Hamas. Ils sont tous pro-Palestiniens.&amp;#8221; Elles répètent que les enfants sont instrumentalisés par le Hamas, que ce &amp;#8220;groupe terroriste&amp;#8221; (l&amp;#8217;écoeurement se lit sur leur visage quand ils le citent) les utilise comme &amp;#8220;boucliers humains&amp;#8221;, alors qu&amp;#8217;Israël aime tous les enfants. En somme, c&amp;#8217;est de la faute du Hamas si des enfants palestiniens meurent, l&amp;#8217;argument revient systématiquement. Sur scène, on dénonce&amp;#160;: &amp;#8220;La Palestine est coupable de crime contre l&amp;#8217;humanité&amp;#8221;. Applaudissements.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les personnes interrogées récitent ces propos comme un élève répète une leçon apprise par coeur. Comme un enfant qui n&amp;#8217;aurait pas forcément compris ce qu&amp;#8217;il dit mais qui serait convaincu, car le professeur a toujours raison. Le professeur dit toujours la même chose alors, cela doit être vrai. Les mêmes questions reviennent&amp;#160;: &amp;#8220;Vous connaissez le slogan du Hamas&amp;#160;?&amp;#8221;/&amp;#8221;Vous savez qu&amp;#8217;ils utilisent les enfants&amp;#160;?&amp;#8221;/&amp;#8221;Vous êtes au courant des précautions prises par Israël pour ne pas faire de victimes&amp;#160;?&amp;#8221;/ &amp;#8220;Vous savez qu&amp;#8217;Israël ne fait que se défendre&amp;#160;?&amp;#8221;. Tous les posent. L&amp;#8217;un d&amp;#8217;eux appuie ses propos par des chiffres, des informations qui seraient cachées sciemment au public. Public qui soutiendrait leur cause s&amp;#8217;ils savait, c&amp;#8217;est évident. On croirait qu&amp;#8217;ils ont été briefés, préparés. C&amp;#8217;est le cas. On retrouve ces arguments sur les sites de Tsahal ou du Crif (parfois mot pour mot), qui ne manquera pas de les marteler ce soir, sous des salves d&amp;#8217;applaudissements. &lt;br/&gt;
S&amp;#8217;ils ne font pas confiance aux médias français, ils considèrent en revanche &lt;a href="http://tsahal.fr/" target="_blank"&gt;Tsahal&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.guysen.tv/" target="_blank"&gt;Guysen TV&lt;/a&gt; comme des sources &amp;#8220;fiables&amp;#8221;. Voire les seules, désormais. On critique des médias que l&amp;#8217;on boycotte. Sarah, une brune de 29 ans au regard affligé, affirme, rassurée&amp;#160;: &amp;#8220;Depuis que Tsahal tweete, il y a moins de désinformation. On ne peut plus nous mentir.&amp;#8221; &lt;br/&gt;
Olivier, un homme souriant de 65 ans dénonce, lui aussi, en prenant un air plus grave&amp;#160;: &amp;#8220;Le deux poids, deux mesures&amp;#8221;. &amp;#8220;Les médias ne parlent pas des enfants israéliens. Ils sont traumatisés, ils ont peur des roquettes, des sirènes. On évoque que les Palestiniens.&amp;#8221; Pourquoi un tel traitement&amp;#160;? Il a sa petite idée&amp;#160;: &amp;#8220;En fait, les médias ne veulent pas heurter les Arabes. Pour des raisons commerciales d&amp;#8217;abord, à cause des échanges, et parce que les Maghrébins de France ont voté pour Hollande. Les politiques ne veulent pas perdre ces voix.&amp;#8221; Pourtant, des &lt;a href="http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/manifestation-unitaire-pour-soutenir-isra%C3%ABl/33546" target="_blank"&gt;personnalités politiques et des élus&lt;/a&gt; de premier ordre sont présents sur scène, pour réaffirmer leur soutien à la politique et l&amp;#8217;offensive israélienne. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Propagande, désinformation et vérité(s)&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Ainsi, les journalistes présents et leurs questions sont assez mal accueillis. Surtout quand à un moment, des &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;amp;v=7Uf3cZGnAhw" target="_blank"&gt;heurts&lt;/a&gt; éclatent. Il semblerait que des jeunes gens aient entendu via la radio des CRS que des personnes pro-Palestine étaient dans le secteur. Les esprits s&amp;#8217;échauffent. Au moins quatre jeunes ont la tête et le visage dissimulés (on ne voit que leurs yeux) et font face aux CRS. Ils les défient du regard. &amp;#8220;Crève toute la police française&amp;#8221; hurle Ilan, en désignant les forces de l&amp;#8217;ordre. D&amp;#8217;autres jeunes sont énervés. Le rassemblement est terminé. Il est plus de 20 heures. Les CRS escortent tout le monde sur les Champs Elysées, jusqu&amp;#8217;au métro. Il y aura toutefois plusieurs interpellations, mais Ilan et ses amis au visage masqué repartiront libres.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et puis il y a des gens comme Stéphane. Cet homme noir bedonnant de 39 ans à l&amp;#8217;air naïf et sincère s&amp;#8217;exprime sur un ton très calme, presque enfantin. Il veut &amp;#8220;la paix pour tous&amp;#8221;, mais &amp;#8220;celle d&amp;#8217;Israël d&amp;#8217;abord&amp;#8221; souligne-t-il, comme le disait un intervenant du Crif sur scène quelques minutes plus tôt.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il y a aussi Anne, une historienne &amp;#8220;seulement Française&amp;#8221; de 56 ans. Elle est &amp;#8220;solidaire des habitants d&amp;#8217;Israël qui reçoivent des roquettes depuis des années.&amp;#8221; Elle explique, agacée&amp;#160;: &amp;#8220;Quand Israël ne réplique pas, on le lui reproche, quand il se défend, on le lui reproche aussi&amp;#160;!&amp;#8221; Pour elle, &amp;#8220;l&amp;#8217;actualité est détournée, Jérusalem est la capitale de ce pays depuis plus de 3.000 ans, il faut que les gens ouvrent des livres&amp;#8221;, dit-elle, sur un ton un brin condescendant. Son média de prédilection, c&amp;#8217;est Guysen TV. &amp;#8220;Cette télévision ne fait pas de propagande et ne tient pas un discours mensonger.&amp;#8221; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au même moment, un groupe de copains quitte lui aussi le rassemblement. Ils sont quatre. La petite vingtaine. L&amp;#8217;un d&amp;#8217;eux, Olivier, présente son ami Harry en disant&amp;#160;: &amp;#8220;C&amp;#8217;est un musulman, un terroriste du Hamas&amp;#8221;, tous rient de bon coeur. &amp;#8220;Non, je ne suis pas musulman&amp;#8221;, se défend-il. Jean réplique&amp;#160;: &amp;#8220;Un musulman&amp;#160;? A ce rassemblement&amp;#160;? Il serait déjà mort.&amp;#8221; Quelques rires laissent vite place à un silence gêné. &amp;#8220;Ce n&amp;#8217;est pas vrai&amp;#8221;, avance l&amp;#8217;un d&amp;#8217;eux, timidement, avant de changer de sujet. Comme leurs aînés, ils répètent mot pour mot les accusations contre le Hamas, l&amp;#8217;attachement à Israël, déplorent l&amp;#8217;incompréhension de ceux qui ne soutiennent pas &amp;#8220;leur pays&amp;#8221;. Daniel, le plus calme d&amp;#8217;entre eux, conclut&amp;#160;: &amp;#8220;Vous voyez le village d&amp;#8217;Astérix entouré de pays ennemis&amp;#160;? Israël, c&amp;#8217;est pareil.&amp;#8221;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce soir, un cessez-le-feu a été décrété. Le dernier bilan faisait état d&amp;#8217;au moins 140 morts et 1040 blessés côté palestinien et de 5 morts environ et &amp;#8220;plusieurs dizaines&amp;#8221; de blessés côté israélien (Tsahal, sollicité à plusieurs reprises pour obtenir des chiffres, n&amp;#8217;a pas répondu). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un autre rassemblement du CRIF est prévu à Marseille, tandis que des manifestations en soutien à La Bande de Gaza et aux Palestiniens ont déjà eu lieu depuis le début de l&amp;#8217;offensive. De nouveaux rassemblements se tiendront cette semaine. Notamment pour dénoncer le &amp;#8220;deux poids, deux mesures des médias et des politiques, tous soumis à la politique israélienne, l&amp;#8217;occupant terroriste et à la propagande sioniste&amp;#8221;, accusent des sympathisants de la cause palestinienne. Il semblerait que dans ce conflit, comme le disait le jeune Daniel, &amp;#8220;on ne cherche pas la vérité absolue mais notre vérité&amp;#8221;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;PS&amp;#160;: Presque tous les prénoms ont été changés, à la demande des personnes interviewées.&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/36242212714</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/36242212714</guid><pubDate>Wed, 21 Nov 2012 01:23:00 +0100</pubDate><category>Israël</category><category>crif</category><category>paris</category></item><item><title>Egypte : la partie d’échec continue</title><description>&lt;p&gt;&lt;b&gt;Alors que personne ne s&amp;#8217;attendait à une décision majeure durant ramadan, Mohamed Morsi a limogé le Maréchal Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) et ministre de la Défense de 1991 à ce jour.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les confrontations entre le président Morsi, premier civil démocratiquement élu et l’armée, au pouvoir depuis l&amp;#8217;avènement de la République en 1952, se sont succédées depuis son investiture.&lt;br/&gt;
Coup de théâtre ce dimanche 12 août&amp;#160;: M.Morsi a mis à la retraite le maréchal Tantaoui, 76 ans, ministre de la Défense de Moubarak et de l’actuel gouvernement, et Sami Enan, 64 ans, chef d&amp;#8217;état-major de l&amp;#8217;armée et numéro deux du CSFA (ainsi que d’autres chefs des armées). Un décret présidentiel a dans le même temps annulé la déclaration constitutionnelle émise par le CSFA en juin pour élargir ses prérogatives, déjà considérables. Il stipule également que M.Morsi peut légiférer, dissoudre la commission constituante et en nommer une nouvelle, selon certaines conditions. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Tantaoui, symbole de l’ancien régime&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Mohamed Hussein Tantaoui, ministre de Moubarak de 1991 à 2011, a assuré la transition après la démission du raïs. Durant des mois, les manifestants de Tahrir exigeaient son départ, son exécution et que justice soit rendue. Pourtant, la nomination de Tantaoui et Enan comme conseillers présidentiels devrait leur épargner toute poursuite judiciaire. Ce que Luca, 26 ans, dénonce, soupçonnant un &amp;#8220;&lt;i&gt;deal&lt;/i&gt;&amp;#8221; entre le président et l’armée. &amp;#8220;&lt;i&gt;C’est comme si Tantaoui n’avait tué personne&lt;/i&gt;&amp;#8221;, lance-t-il. Mostafa, 28 ans, est satisfait de voir le président agir mais &amp;#8220;&lt;i&gt;attend la suite&lt;/i&gt;&amp;#8221;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Alors que des milliers de personnes étaient place Tahrir hier soir, le président s&amp;#8217;est adressé au pays. &amp;#8220;&lt;i&gt;Je veux que les militaires se consacrent à la protection de la nation&lt;/i&gt;&amp;#8221;, a-t-il affirmé. Avant d&amp;#8217;ajouter avoir pris cette décision &amp;#8220;e&lt;i&gt;n coordination et après des consultations avec les forces armées&lt;/i&gt;&amp;#8221; et &amp;#8220;&lt;i&gt;n&amp;#8217;avoir voulu viser personne&lt;/i&gt;.&amp;#8221; Ces bouleversements interviennent alors qu’une démonstration de force de l&amp;#8217;armée est en cours dans le Sinaï. M.Morsi veut y reprendre le pouvoir après l&amp;#8217;attaque qui a causé la mort de seize gardes-frontières égyptiens le 5 août dernier. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Echec et mat&amp;#160;?&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
En théorie, le président cumule désormais tous les pouvoirs. Mais Alain Gresh tempère&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;i&gt;Il est loin de représenter une majorité et fait face à un lourd appareil administratif. La situation est donc ambiguë et l’Egypte, située dans une zone de conflits, ne peut se passer d’une armée puissante&lt;/i&gt;.&amp;#160;»&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Asmaa, une Egyptienne de 59 ans, avait déclaré avec flegme le jour de sa nomination dans le gouvernement Qandil que &amp;#8220;&lt;i&gt;seule la mort pourrait débarrasser l&amp;#8217;Egypte de Tantaoui&lt;/i&gt;.&amp;#8221; Mohamed Morsi en était manifestement lui aussi capable. Cependant, la partie est loin d&amp;#8217;être terminée entre l&amp;#8217;armée et le président.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Version modifiée publiée par le quotidien Ouest France, dans son édition du 14 août 2012.&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/05222449f2e22b3c25abd6e1562ea821/tumblr_inline_mhhg9dmrPQ1r1rhfk.png"/&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/41936014534</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/41936014534</guid><pubDate>Tue, 14 Aug 2012 00:00:00 +0200</pubDate><category>Morsi</category><category>Egypte</category><category>armée</category><category>Tantaoui</category><category>OuestFrance</category><category>CSFA</category><category>Sinaï</category></item><item><title>Reportages pour Radio France (France info, France inter et...</title><description>&lt;iframe class="tumblr_audio_player tumblr_audio_player_41936505268" src="http://sanstransition.tumblr.com/post/41936505268/audio_player_iframe/sanstransition/tumblr_mhhhb5quuR1r4smld?audio_file=http%3A%2F%2Fwww.tumblr.com%2Faudio_file%2Fsanstransition%2F41936505268%2Ftumblr_mhhhb5quuR1r4smld" frameborder="0" allowtransparency="true" scrolling="no" width="500" height="85"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Reportages pour Radio France (France info, France inter et France culture) au Caire, en juillet 2012. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/41936505268</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/41936505268</guid><pubDate>Tue, 31 Jul 2012 10:36:00 +0200</pubDate><category>RadioFrance</category><category>Egypte</category><category>Morsi</category><category>Caire</category></item><item><title>14 juillet. </title><description>&lt;img src="http://25.media.tumblr.com/083efbb1ebba456912b1a30c8b640c10/tumblr_mjk42teI6C1r4smldo1_500.png"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;14 juillet. &lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/45196077369</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/45196077369</guid><pubDate>Sat, 14 Jul 2012 17:49:00 +0200</pubDate><category>14juillet</category><category>Egypte</category><category>France</category></item><item><title>Egypte, dimanche 24 juin 2012</title><description>&lt;p&gt;&lt;b&gt;24 juin 2012. Jour historique en Egypte. Pour la première fois de son Histoire, le pays a vu accéder au pouvoir un président élu lors d’un scrutin démocratique. Récit de cette journée pas comme les autres.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En principe, la semaine débute le dimanche en Egypte, calendrier musulman oblige. Pourtant, les rues du Caire sont calmes aujourd’hui. Presque autant que le vendredi à l’heure de la grande prière hebdomadaire. Mais avec une atmosphère pesante et électrique. C’est à 15 heures que la commission électorale doit dévoiler le nom du nouveau président égyptien. Certes, ce sont les militaires qui dirigent le pays depuis la chute du président Moubarak, mais la nouvelle est déterminante et aura une influence évidente sur la suite des événements. Et c’est bien sûr place Tahrir que des milliers de Cairotes sont réunis pour l’occasion. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Décompte et annonce à Tahrir &lt;/b&gt;&lt;br/&gt;&lt;b&gt;14H40&lt;/b&gt;. Place Tahrir, c’est sous un soleil de plomb et une température d’environ 40° que des  milliers d’Egyptiens se sont donné rendez-vous pour découvrir qui succèdera à  Hosni Moubarak, qui a dirigé le pays d’une main de fer durant presque trente ans. Cette fois, le président a été démocratiquement élu. Oui, il y a eu des fraudes mais au moins, grâce à leur révolution, les Egyptiens ont empêché l’accession au pouvoir de Gamal Moubarak, fils du Pharaon. Et ça, ils en sont plutôt fiers.&lt;br/&gt;
C’est à 15 heures que la commission électorale est censée révéler le nom du président. Censée, parce qu’après tous les rebondissements de ces derniers temps et le précédent report, rien n’est garanti. Depuis dimanche, l’annonce de l’incroyable face-à-face du second tour entre Ahmed Shafiq, le dernier Premier ministre de Moubarak, «&amp;#160;feloul en chef&amp;#160;»  («&amp;#160;collabo&amp;#160;»), fidèle parmi les fidèles de l’ancien dirigeant, «assassin&amp;#160;» corrompu et Mohamed Morsi, candidat «&amp;#160;roue de secours&amp;#160;» de la confrérie des Frères musulmans, islamiste, président du Parti de la Justice et de la Liberté (qui a enchaîné les erreurs et manquements depuis le début de la révolution) et les très nombreux rebondissements, les Egyptiens sont passés par tous les stades. Etonnement, peur, inquiétude, stress, lassitude, angoisse, joie et exultation (pour les partisans des Frères) et impatience. Il va pourtant falloir attendre encore un peu pour le dénouement.&lt;br/&gt;&lt;b&gt;15H09&lt;/b&gt;. Toujours rien. Les hommes et femmes ont les yeux rivés sur leur téléphone, twitter, facebook et discutent calmement. Même s&amp;#8217;ils sont sur le point de craquer. D’autres écoutent une petite radio. Les marchands ambulants, comme à leur habitude, proposent des boissons, du maïs grillé, des casquettes et des ombrelles. Business is business. Le soleil brûle, tape violemment, la chaleur est insoutenable. Surtout parmi une telle la foule. Aucun nuage à l’horizon. Et l’annonce se fait attendre. Rien d’étonnant&amp;#160;: la ponctualité n’est pas forcément le fort des Egyptiens. Mais là, ils espéraient peut-être une exception. Sous une tente, des jeunes d’un peu moins de vingt ans, tirent nerveusement sur leurs cigarettes. Le pays est en suspens. Les boutiques, banques et restaurants ont décidé de fermer leurs portes plus tôt. Personne ne peut dire ce qu’il adviendra si Shafiq est élu mais envisage le pire. Une très violente répression de toute manifestation. La présence massive de militaires, chars, cars de police et policiers partout dans la ville depuis quelques jours n’est pas bon signe. De fausses rumeurs courent&amp;#160;: &amp;#8220;Des types ont des armes à feu sur la place.&amp;#8221; &amp;#8220;La police est autorisée à tirer sur les manifestants.&amp;#8221; Encore quelques minutes à tenir.&lt;br/&gt;&lt;b&gt;15H30&lt;/b&gt;. L’appel à la prière de l&amp;#8217;après-midi retentit. C’est sûr, l’annonce n’est pas pour maintenant. Tahrir est calme. Des centaines de personnes prient, demandant sans doute à Allah de leur venir en aide. Sous le regard de leurs compatriotes.&lt;br/&gt;&lt;b&gt;15H40&lt;/b&gt;. Début de l’annonce. Un incroyable silence s’abat sur la place. Un silence véritablement stupéfiant, tellement inhabituel à Tahrir. Des milliers de personnes écoutent religieusement Farouk Sultan, le président de la commission électorale, et retiennent leur souffle. Elles ne sont pas au bout de leur peine&amp;#160;: soucieux de prouver le sérieux de la commission, il énonce le détail des résultats des deux candidats. Au grand dam des Egyptiens, qui n’en peuvent plus d’attendre. Le temps semble s&amp;#8217;être suspendu. Un homme s’énerve, grommelle, d’autres lui demandent de se taire. Un autre, vêtu d’une chemise jaune et essayant de protéger sa femme et sa fille du soleil, joue le chef d’orchestre, faisant de grands gestes à chaque fois que le président de la commission parle. Une femme en niqab noir marche, reste debout, puis s’assoit. Ses yeux en disent long sur son impatience. Une vendeuse de mouchoirs en abaya et foulard noirs, accompagnée de sa petite fille qui porte une robe violette sale et déchirée, ont cessé de proposer leur marchandise. En même temps, le dernier épisode de ce feuilleton ne pouvait décemment pas se passer autrement. Les scénaristes ont bien trop d’imagination. On dirait qu&amp;#8217;il fait 45° sur la place. Des hommes aspergent un peu d’eau sur la foule, pour la soulager. L’heure est grave. Très grave. Tout peut basculer. Si Shafiq est désigné vainqueur, on ne donne pas cher de la peau des Egyptiens, surtout depuis que le Scaf a étendu ses pouvoirs, dissout le Parlement, rédigé la Constitution, et de nouveau autorisé l’arrestation de civils et leur jugement par des tribunaux militaires. «&amp;#160;&lt;i&gt;Ce n&amp;#8217;est pas un dimanche normal. Je sens l’odeur du sang &lt;/i&gt;», m’a dit un Egyptien, avant de me dissuader d’aller sur la place. Morsi président n’est pas non plus une excellente nouvelle, mais «&amp;#160;entre la peste et le choléra&amp;#160;», comme ils disent…&lt;br/&gt;&lt;b&gt;16H28&lt;/b&gt;. Ahmed Shafiq a recueilli 48,27%, des voix soit 12&amp;#160;347&amp;#160;380 votes. Sur la place, on siffle ce résultat. Puis se tait.&lt;br/&gt;&lt;b&gt;16H30&lt;/b&gt;. On écoute toujours avec beaucoup d’attention la voix de Sultan, dont l&amp;#8217;interminable discours est retransmis sur scène et sur la place. «&amp;#160;Mohamed Morsi a obtenu 51, 73% des voix, 13&amp;#160;230&amp;#160;131 votes (Participation 51,58%)&amp;#160;». Le docteur Mohamed Morsi est le nouveau président de la République arabe d’Egypte. «&amp;#160;&lt;i&gt;Allah wa aqbar, Allah wa aqbar &lt;/i&gt;» lancent les partisans du candidat des Frères musulmans. Explosion de joie sur la place. Pétards dans le ciel. La terre pourrait presque trembler sous l’émotion des milliers de citoyens présents. Des hommes se prosternent et embrassent le sol. D’autres dansent, chantent, forment des rondes, sautent en l’air, crient, rient. On ne se connait pas mais s’embrasse chaleureusement. La petite fille à la robe violette tient la main de sa maman, elle se demande ce qui se passe. Sa mère pousse des youyous. Des hommes pleurent à chaudes larmes dans les bras d’inconnus. La délivrance. Le soulagement. La joie. Toutes ces émotions se lient sur les visages de ces hommes et femmes de tous les âges. Sur la place, tous les Egyptiens ne sont pas partisans de Morsi. Mais ils se réjouissent tous de la défaite de Shafiq, qui était au pouvoir au début de la révolution, quand des Egyptiens se faisaient massacrer par les autorités. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Les uns rient, les autres pleurent&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Toute la soirée et jusque tard dans la nuit, la fête continue. Les Egyptiens sont ivres de joie. Imaginez les rues du Caire et Tahrir si le pays gagnait la Coupe du monde et organisait des centaines de mariages, baptêmes et l’Aïd en même temps. C’est encore mieux. Les femmes lancent des youyous, petits et grands le drapeau égyptien – et parfois syrien. Les voitures klaxonnent. La musique retentit. Les Ultras Ahlawy, qui ont payé cher leur engagement dans la révolution (74 morts à Port Saïd lors d’un match de foot), sont entourés de leurs fans rue Mohamed Mahmoud, et mettent une ambiance de folie avec leurs tambours et chants de supporters. Femmes, hommes, parents, enfants, jeunes,vieux, tous communient dans ce moment si particulier.&lt;br/&gt;
Evidemment, cette annonce ne réjouit pas tout le monde. Les supporters de Shafiq pleurent à son QG, les proches et soutiens de Moubarak sont dévastés, tout comme l’ex-raïs, dont la santé se serait &lt;i&gt;encore&lt;/i&gt; détériorée à l’annonce de la victoire d’un islamiste. Des Coptes sont forcément inquiets. Pas tous, Atef, 55 ans est content. Installé devant son église, située derrière la mosquée Omar Maqaram, il dit avec le sourire&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;i&gt;Dieu aime tous les Egyptiens et que ce que les Egyptiens veulent, peu importe leur confession, c’est la démocratie &lt;/i&gt;». Les laïcs, professionnels du tourisme et des milliers de révolutionnaires sont mornes. Mais au moins, ils savent que si le président est Morsi, le combat peut continuer. Ca n’aurait pas forcément été le cas avec Shafiq à la tête du pays. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Morsi, un président sans pouvoir&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Jusqu’au dernier moment, Shafiq et Morsi revendiquaient la victoire. Leurs certitudes étaient relayées par les médias, particulièrement sévères et critiques à l’égard du candidat des Frères. Difficile de se défaire des vieilles habitudes, surtout quand les dirigeants des dits médias sont des «&amp;#160;feloul&amp;#160;». Quoi qu’il en soit, si l’armée l’avait voulu, Shafiq aurait été désigné président, le nombre de voix n’était qu’un détail pour elle. Sa victoire aurait été un crachat au visage des révolutionnaires, une ultime insulte aux «&amp;#160;martyrs&amp;#160;» et à leurs familles, un violent signal à la population&amp;#160;: «&amp;#160;Nous dirigeons tout, vous ne pouvez rien contre nous, la révolution est morte&amp;#160;» aurait été le message. L’Egypte aurait pu connaitre des heures terribles. Mais le CSFA (Conseil Suprême des Forces Armées) a opté pour le scénario inverse. Morsi, opposant de Moubarak – l’ex-président l’avait fait mettre en prison au début de la révolution, - a sans doute su négocier avec le CSFA et peut-être donné des gages suffisants. Il a donc conquis le pouvoir. Mais en apparence seulement. Car si Mohamed Morsi est bien le premier président démocratiquement élu, il n’est pour l’heure rien d’autre qu’un dirigeant sans pouvoir. Dans les faits, ce sont en réalité le CSFA et Tantawi qui contrôlent et dirigent le pays, et l’ont fait savoir dans la Constitution qu’ils ont rédigé. Morsi et les Frères musulmans disent aujourd’hui compter sur la mobilisation à Tahrir pour faire plier les militaires. La désignation du président n&amp;#8217;était qu&amp;#8217;une étape. Une étape nécessaire pour envisager la suite.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;La révolution continue&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Alors que l’Occident, visiblement peu au fait de ce qui se déroule en Egypte (ou juste aveuglé par sa peur des islamistes) se focalise sur la victoire d’un islamiste, la majorité des forces révolutionnaires et des citoyens attachés à la liberté disent que l’ennemi à abattre est l’armée et l’ancien régime. Des figures de la révolution, telles que Waël Ghonim et Alaa Al Aswany, entre autres, se sont alliées à Mohamed Morsi, dont chaque acte et décision sont scrutés par les citoyens, pour faire pression sur les forces armées. Selon plusieurs commentateurs, l’erreur majeure a été de laisser les militaires au pouvoir après la chute de Moubarak. Certes, la mobilisation était grande - en dépit de la violente répression - mais n’a pas suffi. Cette fois, ils ne cèderont pas. Ils l’ont promis. Et, une fois de plus, c’est notamment place Tahrir que se joue l’avenir de l’Egypte. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_m66vqcqBvi1r1rhfk.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;
La place Tahrir, dimanche 12 juin 2012. Photo du reporter Jonathan Rashad.&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/25870995108</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/25870995108</guid><pubDate>Mon, 25 Jun 2012 21:46:00 +0200</pubDate><category>Morsi</category><category>Shafiq</category><category>Egypte</category></item><item><title>Place Tahrir. 24 juin 2012. 16 heures. Mohamed Morsi vient de...</title><description>&lt;img src="http://25.media.tumblr.com/2ab28abbcfa2f7c4efefba31bc6165cb/tumblr_mhpinpHbST1r4smldo1_500.png"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;Place Tahrir. 24 juin 2012. 16 heures. &lt;b&gt;Mohamed Morsi&lt;/b&gt; vient de remporter la première élection présidentielle démocratique organisée depuis la chute d’Hosni Mubarak. Le “Pharaon” a régné pendant près de trente ans sur l’Egypte. Issu des &lt;b&gt;Frères musulmans&lt;/b&gt; - mouvement “islamiste” longtemps persécuté, Mohamed Morsi devient le premier président civil du pays. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Photo prise par le reporter italien Gilberto Mastromatteo (avec qui j’étais à ce moment-là).&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/42283926819</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/42283926819</guid><pubDate>Sun, 24 Jun 2012 16:00:00 +0200</pubDate><category>Morsi</category><category>Egypte</category><category>Gilberto</category><category>Tahrir</category></item><item><title>"Moubarak est mort" : désintérêt des Egyptiens, diversion idéale pour l'armée</title><description>&lt;p&gt;«&lt;em&gt;Hosni Moubarak est juste tombé dans la salle de bain&lt;/em&gt;.&amp;#160;» Déclaration de son avocat aujourd’hui à 21 heures, alors que l’ex-président égyptien était «&amp;#160;cliniquement mort&amp;#160;» hier, à peu près à la même heure. &lt;br/&gt; La santé de Hosni Moubarak, 84 ans, se serait dégradée depuis le 2 juin dernier, à la suite de son procès dont le verdict a été une condamnation à vie. Depuis, l’annonce de sa mort est quasi-quotidienne, notamment sur les réseaux sociaux. Cependant, hier, c’est la très sérieuse agence de presse Mena qui publiait l’information. Suscitant ainsi un déchaînement médiatique planétaire. Pourtant, les premiers concernés, les Egyptiens, ceux de Tahrir notamment, n’en ont absolument rien à faire de la mort de l’ex-raïs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Réactions à Tahrir &lt;/strong&gt;&lt;br/&gt; Il y avait foule mardi soir sur la place Tahrir. Les Egyptiens avaient été invités à manifester contre ce que certains dénoncent comme étant un «&amp;#160;coup d’Etat&amp;#160;» de l’armée. Le très puissant Conseil suprême des armées (CSFA), qui dirige le pays depuis la chute du président Moubarak, ne cesse d’étendre ses pouvoirs, laissant penser que le futur président, qu’il soit Ahmed Shafiq ou Mohamed Morsi, ne sera qu’un pantin. Syndicats, Frères musulmans et autres organisations révolutionnaires avaient ainsi appelé à une démonstration de force sur la place, sans se douter que l’annonce de la mort clinique de Moubarak aurait lieu le soir-même.&lt;br/&gt; 22H30. Les téléphones sonnent. Des messages sont échangés. Les personnes présentes s’interrogent. «&amp;#160;&lt;em&gt;Moubarak est cliniquement mort &lt;/em&gt;» annoncent des tweets et sms. Ahmad, un égyptien d’une trentaine d’années, lit le message et se demande si c’est vrai. Jusqu’à ce qu’un homme prenne la parole sur la scène installée sur la place. Les chants et slogans s’arrêtent net. «&amp;#160;&lt;em&gt;On nous annonce que Hosni Moubarak serait cliniquement mort &lt;/em&gt;», dit-il en appuyant son propos. D’un coup, le silence laisse place au bruit ambiant. Un silence lourd, toutefois entrecoupé de quelques sifflets. Un silence chargé de questions sur la véracité de l’information. Des dizaines de personnes quittent soudainement les lieux sans rien dire. Puis, le spectacle continue, comme si de rien n’était. On recommence à brandir les drapeaux, à chanter, à scander le slogan «&amp;#160;&lt;em&gt;A bas le pouvoir militaire&amp;#160;!&lt;/em&gt;&amp;#160;», à acheter du pop-corn et du maïs. &lt;em&gt;The show must go on&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;“Nous aurions aimé qu’il soit pendu.”&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt; En réalité, la confusion règne. On s’interroge, se demande&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;Tu as reçu un message&amp;#160;? Tu peux lire les infos sur ton téléphone&amp;#160;?&lt;/em&gt;&amp;#160;» Un homme d’une cinquantaine d’années, à la longue barbe blanche et au regard doux, réagit à la mort probable de celui qui a dirigé le pays durant 30 ans&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;C’est le destin d’Allah. Mais nous aurions aimé qu’il soit pendu. C’est vraiment ce que nous voulions. Et nous regrettons que ses fils s’en sortent sans être inquiétés. Je vous le dis, tout le monde sur la place est content de sa mort &lt;/em&gt;», affirme-t-il calmement. Aya, une femme d’environ 40 ans au large sourire et portant un voile noir, est plus affectée. «&amp;#160;&lt;em&gt;Je ne sais pas si c’est vrai, mais s’il est mort, qu’Allah bénisse son âme. Les Egyptiens sont des gens sensibles et au cœur tendre, ils ne peuvent se réjouir de la mort de leur ex-président&lt;/em&gt;&amp;#160;», raconte-t-elle. Pour Aya, il vaut mieux que Moubarak décède. «&amp;#160;&lt;em&gt;Il est âgé, sa place n’est pas en prison&lt;/em&gt;.&amp;#160;» Trois jeunes hommes, assis près d’elle, à l’écart de la scène, ont entendu la conversation et soulignent&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;Nous ne sommes pas sûrs de l’information et ne voulons pas nous prononcer&lt;/em&gt;.&amp;#160;» Un quatrième, assis devant eux, se retourne et dit&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;Seul Dieu sait &lt;/em&gt;», avec la plus grande réserve. Ahmed et Mohamed, des frères d’une trentaine d’années, debout sur le rond-point central de la place, se demandent aussi «&amp;#160;&lt;em&gt;si c’est vrai &lt;/em&gt;» mais commentent&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;em&gt;On veut voir Moubarak pendu pour ce qu’il a fait&lt;/em&gt;.&amp;#160;» Deux autres garçons, postés derrière la scène, la vingtaine, refusent de se prononcer. «&amp;#160;&lt;em&gt;J’ai reçu un sms &lt;/em&gt;», explique Gamal en montrant son téléphone, «&amp;#160;&lt;em&gt;il est cliniquement mort donc ils peuvent le ranimer. Rien n’est définitif. Alors la soirée continue &lt;/em&gt;», conclut-il, pendant que son ami confirme ses propos. &lt;br/&gt; Les personnes interrogées restent étonnament très prudentes. Voire complètement indifférentes. Deuxième annonce sur scène. Toujours aucune réaction. Tahrir a semble-t-il tourné la page Moubarak. Ou ne veut pas réagir tant que l’annonce n’est pas officielle. Dans toute dictature, l’état de santé du président ou roi est un tabou, un secret d’Etat. Qui dit secret dit rumeurs. Alors ces Egyptiens ont semble-t-il appris à s’en méfier. Et puis leurs préoccupations sont tout autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diversion&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt; Une chose est sûre, cette annonce, et surtout l’emballement médiatique, arrivent à point nommé pour l’armée, qui manoeuvre plus ou moins en douce en vue de tout contrôler. La mort de Moubarak passionne peut-être le monde, à en croire les «&amp;#160;breaking news&amp;#160;» des chaînes internationales et les alertes des journaux, mais les Egyptiens sont loin d’être préoccupés par la santé ou même la mort de leur ex-président. Non, ce qui les inquiète, les fait réagir vivement, ce sont les multiples annonces faites par l’armée ces derniers jours&amp;#160;: nouvelles lois sécuritaires, dissolution du Parlement, rédaction de la Constitution par ses soins, droits restreints du futur président et pouvoirs très étendus du CSFA. Bref, le «&amp;#160;coup d’Etat&amp;#160;» des militaires déchaîne les passions. Et ce qui les tient en haleine est la désignation du nouveau président de la République. En effet, Shafiq et Morsi ont tous deux proclamé leur victoire et la plus grande incertitude règne depuis dimanche. Mais les Egyptiens ne sont pas au bout de leurs surprises. Chaque jour offre son lot de rebondissements et celui d’ajourd’hui est de taille puisque l’annonce officielle prévue pour demain jeudi a été reportée par la commission électorale…« sine die&amp;#160;», la commission devant encore analyser les recours déposés par les deux candidats. De quoi inquiéter et angoisser encore davantage les Egyptiens. D’autant que des chars ont été déployés dans des rues du Caire et d’autres grandes villes aujourd’hui, laissant penser que si le feloul (ancien du régime Moubarak) Ahmed Shafiq gagne – et c’est tout à fait probable -, l’armée pourrait dès le jour de la proclamation de cette victoire faire des démonstrations de force et réprimer sévèrement toute contestation, comme elle sait si bien le faire, en toute impunité. Si Mohamed Morsi est élu, le combat des révolutionnaires continuera et le monde dénoncera une nouvelle victoire des islamistes après une révolution arabe. Ce qui effraie déjà les Egyptiens. Alors la santé de l’ex-président, qui aurait été placé sous respirateur selon une énième dépêche d’agence tombée ce soir, est le cadet des soucis des Egyptiens. Pour eux, Hosni Moubarak est mort le 11 février dernier et bien plus que son fantôme, c’est leur propre avenir qui les hante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br/&gt;&lt;img alt="image" src="http://media.tumblr.com/tumblr_m5xt3a2eLa1r1rhfk.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/25532924064</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/25532924064</guid><pubDate>Thu, 21 Jun 2012 00:31:00 +0200</pubDate><category>Egypte</category><category>Moubarak</category><category>mort</category><category>Mena</category></item><item><title>Egypte, le jour d’avant</title><description>&lt;p&gt;Le Caire, une semaine avant le second tour de la présidentielle. Rendez-vous dans un laboratoire de recherche médicale, situé dans le quartier cossu de Dokki, par une (très) chaude après-midi. &lt;br/&gt;
«&amp;#160;&lt;i&gt;Vous rencontrerez ici les personnes les plus compétentes du pays dans leur domaine &lt;/i&gt;», me prévient-on. Mieux, dans ce petit bureau climatisé, qui est aussi l’accueil du laboratoire, on a un condensé des avis des Egyptiens. Le casting presque parfait. On dirait une pièce de théâtre. Chacun a son rôle et connait bien son texte. Il y a Mary, 30 ans, la chercheuse copte pro-Shafiq car «&amp;#160;&lt;i&gt;elle ne veut pas d’un Frère musulman au pouvoir &lt;/i&gt;». Mohamed, 45 ans, le responsable du labo, supporter des Frères musulmans «&amp;#160;&lt;i&gt;même s&amp;#8217;il est un feloul (ancien du régime Moubarak)&lt;/i&gt;» et Luca, 27 ans, étudiant, révolutionnaire de la première heure, qui boycotte le vote car «&amp;#160;&lt;i&gt;il n’a pas fait la révolution pour donner sa voix à un feloul ou un Frère &lt;/i&gt;». Et tout ce petit monde discute, comme tous ces Egyptiens dans les rues, les cafés, sur la place Tahrir et ailleurs, chacun voulant convaincre l’autre que son choix est celui qui sauvera l’Egypte. Rien que ça. Et ce trio illustre à lui seul les clivages qui divisent la société.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;i&gt;Décor&amp;#160;: un bureau aux murs jaune pâle, où la climatisation est tellement forte qu’il fait froid. Un canapé et deux fauteuils noirs installés en face sur lesquels Mohamed et Luca sont assis&amp;#160;; un bureau sur lequel Mary, la chercheure - qui est aussi l’hôtesse d’accueil -, travaille sur un vieil ordinateur&amp;#160;; et de l’autre côté de la porte, des laboratoires de recherche avec des pipettes, des bacs avec des choses un peu étranges, et tout le matériel nécessaire. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Acte I&amp;#160;: Shafi’ o Morsi&amp;#160;?  &lt;/b&gt; &lt;br/&gt;
Luca, cheveux et yeux noirs, est le plus vif des trois, suivi de près par Mary, une brune un peu ronde, et Mohamed, père de famille au look très soigné, qui aime les provoquer, monopoliser la parole et un peu les prendre de haut. En même temps, c’est lui le chef. Et il aime avoir raison. Mais sa collègue et le jeune étudiant ne s’en laissent pas conter. Les trois scientifiques ont des avis diamétralement opposés. Mais s’écoutent. Mohamed un peu moins, parce qu’il a «&amp;#160;&lt;i&gt;lu et vu beaucoup plus de choses&lt;/i&gt;» vous comprenez, mais écoute tout de même. D&amp;#8217;après lui, «&amp;#160;&lt;i&gt;Mohamed Morsi est l’avenir du pays&lt;/i&gt;&amp;#160;». «&amp;#160;&lt;i&gt;Je suis musulman et veux laisser une chance aux Frères de diriger l’Egypte&lt;/i&gt;&amp;#160;», dit cet élégant et éminent scientifique au sourire franc. Mary a peur. Cette charmante célibataire aux cheveux courts ondulés, et au caractère bien trempé, s’énerve à l’idée que Morsi, un Frère, puisse être à la tête de son pays. «&amp;#160;&lt;i&gt;Et je ne dis absolument pas ça parce je suis chrétienne, non, pas du tout&lt;/i&gt;&amp;#160;», insiste-t-elle à plusieurs reprises en hochant la tête, «&amp;#160;&lt;i&gt;mais parce que les Frères ne sont pas dignes de confiance. Ils n’ont rien fait depuis qu’ils ont été élus au Parlement &lt;/i&gt;(en décembre dernier)&amp;#160;», répète-t-elle en se levant puis se rasseyant. Mohamed n’est pas de son avis. «&amp;#160;&lt;i&gt;Je suis un feloul&lt;/i&gt;&amp;#160;», lance-t-il dans un éclat de rire, et sans aucun complexe. Pourtant, ce n’est pas très à la mode d’être proche du régime Moubarak depuis que la révolution a éclaté. Surprenant. Mais il est comme ça Mohamed, il aime provoquer. «&amp;#160;&lt;i&gt;Ma famille est feloul, nos intérêts sont liés à ceux de Hosni Moubarak et mes proches haïssent la révolution. Ils ont toujours travaillé avec lui et ne voient pas en quoi la gestion du pays par l’ex-président était injuste. Mais moi, je vais à Tahrir, soutiens la révolte et souhaite que Morsi soit élu&lt;/i&gt;&amp;#160;», raconte-t-il. Ce docteur en physique est de la classe aisée. Marié, deux enfants, il est très instruit et cultivé. Il a manifesté dans sa jeunesse, quand il était à la fac, mais regrette de ne pas avoir réellement su dire «&amp;#160;non&amp;#160;» à la dictature. Ce passionné de l’Histoire égyptienne veut tourner la page Moubarak. Pas dans son propre intérêt&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;i&gt;je n’ai jamais eu aucun problème d’argent, que Moubarak soit président ou qu’il y ait quelqu’un d’autre au pouvoir ne change rien pour moi et mes proches &lt;/i&gt;», précise-t-il sans aucune gène, «&amp;#160;&lt;i&gt;mais il ne s’agit pas que de moi, je pense aux Egyptiens qui n’ont rien à manger. La gestion du pays par le clan Moubarak était très mauvaise. Je suis bien placé pour le savoir. Ma famille est très proche du pouvoir&amp;#160;!&lt;/i&gt;&amp;#160;» souligne-t-il, toujours en riant, comme pour défier ses deux collègues. Luca, jeune copte passionné par les sciences, est en totale opposition avec le discours de Mary et Mohamed. Et il a du mal à se faire entendre. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Acte II&amp;#160;: ni l’un, ni l’autre&amp;#160;: la révolution&amp;#160;!&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Vêtu d’un jean et d’un tee-shirt sombre, le jeune homme, respectueux de ses aînés, insiste tout de même pour faire entendre son point de vue. «&amp;#160;&lt;i&gt;Je n’ai pas passé un an à Tahrir, à dormir là-bas, rester sous la pluie, manifester, risquer ma vie, pour choisir entre Shafiq et Morsi&amp;#160;! Nos martyrs ne sont pas morts pour ça, la révolution doit continuer&amp;#160;!&lt;/i&gt;&amp;#160;», martèle le jeune doctorant. Il a voté aux législatives mais boycotte la présidentielle, comme la moitié des inscrits. Son candidat idéal aurait été Mohamed El Baradei, comme pour beaucoup d’Egyptiens, mais il est heureux que son héros n’ait pas participé à cette «&amp;#160;&lt;i&gt;mascarade&lt;/i&gt;&amp;#160;». «&amp;#160;&lt;i&gt;Les dés sont pipés, tout est joué d’avance. Impossible pour moi d’y participer. Je suis pour la révolution, donc contre cette élection organisée par le CSFA (Conseil suprême des Forces Armées)&lt;/i&gt;&amp;#160;», détaille-t-il avec force et conviction. Ce à quoi Mohamed répond, comme bon nombre de ses compatriotes&amp;#160;: «&amp;#160; &lt;i&gt;Si tu ne votes pas, cela profite à Shafiq&lt;/i&gt;.&amp;#160;» Argument avancé par de nombreux supporters du candidat des Frères&amp;#160;: les électeurs de Shafiq sont mobilisés, surtout ceux qui travaillent dans le tourisme - secteur vital -, alors prôner l’abstention, c’est faire le jeu de l’ex-Premier ministre de Moubarak, selon eux. Luca s&amp;#8217;impatiente, fait de grands gestes, comme Mohamed et Mary d&amp;#8217;ailleurs. Il n’est absolument pas d’accord. Mais le professeur rejoint l&amp;#8217;élève sur un point&amp;#160;: des irrégularités entachent le vote. Il n’a pas de preuves matérielles mais prétend que sa famille en a. «&amp;#160;&lt;i&gt;Ce sont des proches qui ont organisé l’élection. Une personne pouvait voter à plusieurs reprises, grâce à des papiers d’identité falsifiés, et des citoyens ont usurpé l’identité de personnes décédées &lt;/i&gt;», affirme-t-il. Mary tape nerveusement sur son clavier pendant que Mohamed et Luca parlent. Elle les interrompt encore une fois pour dire tout le mal qu’elle pense de Morsi et du boycott. «&amp;#160;&lt;i&gt;J’étais pour la révolution mais irrégularités ou non, il faut choisir Shafiq&lt;/i&gt;&amp;#160;», lance-t-elle. Pour cette pétillante brune, qui travaille depuis neuf ans avec Mohamed, Ahmed Shafiq est LE sauveur. Rien de moins. Elle argumente&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;i&gt;il rassurera les autres pays du monde et ramènera la stabilité en Egypte&lt;/i&gt;&amp;#160;». Peu importe qu’il ait été nommé premier ministre par Hosni Moubarak en pleine crise. «&amp;#160;&lt;i&gt;Comme vous, je ne l’aime pas, mais ne vois pas d’autre issue.&lt;/i&gt;&amp;#160;» Alors, quand Mohamed évoque son candidat, elle s’impatiente, s’agite sur son siège, fait «&amp;#160;non&amp;#160;» de la tête, s’énerve même, surtout quand son chef l’accuse de tenir ces propos parce qu’elle est chrétienne. La jeune femme coupe la parole, on dirait presque qu’elle a des bouffées de chaleur quand Mohamed et Luca défendent leurs points de vue. «&amp;#160;&lt;i&gt;Vous ne pouvez pas dire cela&amp;#160;! &lt;/i&gt;» proteste-t-elle en haussant la voix. «&amp;#160;&lt;i&gt;Vous voulez la faillite du pays&amp;#160;? Le monde entier nous tournera le dos si le président est un Frère&amp;#160;!&lt;/i&gt;&amp;#160;» &lt;br/&gt;
Mais alors, quel candidat auraient-ils voulu voir au second tour&amp;#160;? «&amp;#160;&lt;i&gt;Hamdeen Sabahi &lt;/i&gt;», répondent-ils tous les trois, sans une once d’hésitation. Comme tous les Egyptiens que j’ai rencontrés jusqu’ici. Alors pourquoi n’est-il pas au second tour&amp;#160;? Ses partisans évoquent un homme bien, indépendant, malheureusement victime des fraudes. Il ne disposait pas d’assez de financement pour sa campagne qui a donc été bâclée sur la fin, d’après leurs dires. Tandis que Morsi et Shafiq étaient soutenus par de véritables machines, ce n&amp;#8217;était pas son cas. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;i&gt;Scène I&amp;#160;: un quatrième collègue, la petite cinquantaine, très souriant, entre dans la pièce et participe à l’échange, il soutient lui aussi Mohamed Morsi, au grand dam de Luca et Mary. Et pour le plus grand plaisir du malicieux Mohamed, dont le sourire continuer d’agacer ses deux compères. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;Epilogue &lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Dialogue de sourds entre ces trois Egyptiens, qui ne seront jamais d’accord sur Morsi et Shafiq. Mais passent leur temps à parler politique, comme la très grande majorités des Egyptiens, depuis la chute du raïs Moubarak. «&amp;#160;&lt;i&gt;Nous devons respecter les voix de tous nos compatriotes &lt;/i&gt;», conclut Mohamed, «&amp;#160;&lt;i&gt;même celles des morts. &lt;/i&gt;» Nouvel éclat de rire, partagé par ses collègues, pour celui dont le favori est donné gagnant de la première présidentielle «&amp;#160;libre&amp;#160;» de l’Histoire égyptienne. Mais qui ne pourrait être qu’un simple pantin du pouvoir militaire. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tomber de rideau sur la pièce. On se salue chaleureusement et se sépare. En revanche, celle que jouent en ce moment les Egyptiens, le CSFA, Shafiq, Morsi, les felouls et les révolutionnaires continue, riche en rebondissements et surprises…&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/25428517783</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/25428517783</guid><pubDate>Tue, 19 Jun 2012 13:22:00 +0200</pubDate><category>Egypte</category><category>Théâtre</category></item><item><title>"Retour à Tahrir", avec Radio France</title><description>&lt;p&gt;Des tweets, des photos, des articles de Vanessa Descouraux et Claude Guibal*, c&amp;#8217;est ici, pour suivre la présidentielle égyptienne (avec mes tweets inside) &lt;a href="http://tahrir.radiofrance.fr/" target="_blank"&gt;http://tahrir.radiofrance.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;*Les reporters qui m&amp;#8217;ont appris à faire de la radio. J&amp;#8217;ai a-do-ré.&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/41944871176</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/41944871176</guid><pubDate>Mon, 18 Jun 2012 15:31:00 +0200</pubDate><category>Tahrir</category><category>RadioFrance</category><category>twitter</category></item><item><title>"Priez pour nous"</title><description>&lt;p&gt;&lt;b&gt;Ahmed a 30 ans. Il est marié, a deux petits garçons d’un an et demi et trois ans. Ce brun à l’allure frêle respire la gentillesse et la douceur. La peur aussi. Ahmed est Syrien. Il vit dans une ville qui s’est transformée en cimetière et a dû fuir son pays. Il est de passage au Caire pour se rendre en Libye avec sa grande sœur, la belle-fille de cette dernière et son petit-fils&lt;/b&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;La mort en face&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
Dès qu’il parle de son pays, Ahmed évoque la mort. Il cache son désespoir derrière un sourire qui ne quitte jamais son visage creusé, mais son regard en dit long sur ce qu’il a vu et vécu. L’homme dit en arabe&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;i&gt;Ils nous tuent tous &lt;/i&gt;» et appuie ses mots en désignant des égorgements avec sa main. Il répète ce geste à chaque fois. Et son regard se vide dès qu’il raconte. Ses yeux expriment ce que les mots ne peuvent dire. L’horreur. La peur. La fin. L&amp;#8217;impuissance. Le sang. La cruauté. Ses deux cousines, l’une de 31 ans et l’autre plus jeune, ont été égorgées. «&amp;#160;&lt;i&gt;Les filles de mon oncle ont été égorgées parce qu’elles protestaient contre le pouvoir de Bashar Al Assad &lt;/i&gt;», déplore Ahmed. Il s’interrompt un très court instant. «&amp;#160;&lt;i&gt;Tu sais, ils m’ont demandé de dire qu’il n’y avait d’autre Dieu que Bashar&amp;#160;!&lt;/i&gt;&amp;#160;» s’exclame-t-il, comme si c’était la pire chose qu’il ait subi. Les soldats de Bashar Al Assad demandent aux victimes de renier Allah et de déformer la profession de foi, l’un des piliers de l’islam, en remplaçant le mot «&amp;#160;Allah&amp;#160;» par le nom du dictateur. Ahmed s’est enfui en courant quand ils lui ont demandé de prononcer ces mots «&amp;#160;&lt;i&gt;al hamdulillah &lt;/i&gt;» (louange à Dieu), ajoute-t-il, soulagé. Il ne cesse de répéter «&amp;#160;&lt;i&gt;al hamdulillah &lt;/i&gt;». Sa foi est inébranlable. Tout comme celle de sa grande sœur. «&amp;#160;&lt;i&gt;Il tue tout le peuple&amp;#160;! Il tue tous les Syriens &lt;/i&gt;», dénonce-t-elle. Elle cherche un mot pour désigner son président mais abandonne&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;i&gt;Je ne sais comment le qualifier&lt;/i&gt;&amp;#160;» conclut-elle. Cette élégante femme tout de noir vêtue a le visage très marqué. Elle a sans doute moins de cinquante ans mais semble vieille, fatiguée, lasse. Ses yeux, comme ceux d’Ahmed, reflètent ce qu’elle a vu. «&amp;#160;&lt;i&gt;Il égorge les enfants &lt;/i&gt;», dit-elle en couvant du regard le petit Soleimane, son petit-fils de huit mois, en pensant sans doute qu’il aurait pu être parmi les victimes. Le petit ange dort paisiblement. Couvé par sa grand-mère et sa tante, une jolie jeune femme timide vêtue d’une robe jaune et noir, qui écoute et ne dit rien. Elle esquisse des sourires mais son regard à elle aussi en dit long sur sa souffrance.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;b&gt;«&amp;#160;Nous n’avons besoin de rien d’autre que de prières.&amp;#160;»&lt;/b&gt;&lt;br/&gt;
«&amp;#160;&lt;i&gt;Les chiites sont peu nombreux dans le pays mais ont pris le contrôle, avec l’aide financière et les armes de l’Iran &lt;/i&gt;», explique Ahmed. «&amp;#160;&lt;i&gt;On leur dit que s’ils tuent un Sunnite, ils iront au Paradis, alors ils veulent tous nous tuer. Mais les victimes iront au Paradis, insha’Allah &lt;/i&gt;», dit le père de famille en souriant, avec une conviction et une confiance incroyables. Ahmed a besoin de parler, de se confier, de partager son expérience. Il évoque tout. Les vidéos qui circulent sur YouTube&amp;#160;? Authentiques. Les meurtres d’enfants&amp;#160;? Idem. Les viols&amp;#160;? Il baisse la tête, gêné, et acquiesce. Ahmed déteste Bashar Al Assad, il espère qu’il sera vite arrêté. Et remercie la France de son implication dans le dossier&amp;#160;: il a vu les interventions d’Alain Juppé à la télévision. A ma délicate question&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;i&gt;Ce qui se passe en Syrie et ce que vous vivez n’altère pas ta foi&amp;#160;? Compte tenu de la gravité de la situation, les Syriens ne pensent-ils pas que Dieu n’existe pas&amp;#160;?&lt;/i&gt;&amp;#160;» Il répond, choqué par ces propos – qu’il comprend toutefois - et sûr de lui&amp;#160;: «&amp;#160;&lt;i&gt;Jamais. Al hamdulillah, nous sommes croyants et continueront toujours de croire, al hamdulillah. Nous prions, versons la zakat, al hamdulillah, nous restons musulmans et espérons le Paradis et la justice d’Allah, le très Sage&lt;/i&gt;.&amp;#160;» Ca doit être ça, le &amp;#8220;tawakul&amp;#8221; (confiance totale en Dieu).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il y a une heure, Ahmed a quitté la capitale égyptienne pour la Libye, où des proches l’hébergeront. «&amp;#160;&lt;i&gt;La Libye nous permet de vivre sur son territoire, al hamdulillah, nous avons des documents en règle&lt;/i&gt;&amp;#160;», se réjouit-il. Son sourire a l’air plus sincère, cette fois. Sa femme et ses deux enfants le rejoindront dès que possible. Ils sont en sécurité quelque part en Syrie. En attendant, il cherchera du travail et espère pouvoir retourner dans son pays natal, qu’il aime et dont il est fier, quand la situation s’améliorera. Et, pour lui, l’intervention armée est la seule solution pour faire tomber Bashar et sauver le peuple.&lt;br/&gt;
 «&amp;#160;&lt;i&gt;Sache que nous n’avons besoin de rien, ni d’argent, ni d’autre chose. Nous vivions bien avant tout ça, nous ne sommes pas pauvres, al hamdulillah. Je te demande juste de dire à tout le monde de prier pour nous, invoquez Allah pour nous s’il vous plait. C’est seulement de Lui et de Son aide dont nous avons besoin, Il est capable de toute chose. Priez pour nous&lt;/i&gt;.&amp;#160;»&lt;/p&gt;</description><link>http://sanstransition.tumblr.com/post/25933804302</link><guid>http://sanstransition.tumblr.com/post/25933804302</guid><pubDate>Wed, 23 May 2012 18:46:00 +0200</pubDate><category>Ahmed</category><category>Syrie</category><category>Libye</category></item></channel></rss>
